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23 novembre 2008 7 23 /11 /novembre /2008 17:10
Lieu de valeur et de choix, c'est-à-dire d'une part lieu d'échanges et d'autre part lieu de décision et d'opportunité, le complexe d'échanges est un lieu d'intensités au sens où les intensités sont des multiplicités impliquées, des « implexes » qui viennent peupler le « nexus urbain ». On ne peut les dissocier sans changer la nature même de ce lieu-mouvement devenu complexe d'échange urbain. C'est ce que veut montrer la mise au jour de l'équation du complexe x d'échanges x urbain : ces 3 éléments sont réellement distincts mais inséparables; la réponse à l'équation (si l'on peut considérer qu'il en existe une) est une intensité attractive, un implexe ou multiplicités "en fusion". Les éléments qui composent un cœur sont réellement distincts mais inséparables (16) de même que les différents moyens de transport qui se connectent en son sein. C'est pourquoi la dimension du parcours tient une place prépondérante, « la plus spécifique » selon Andreu. « La fonction [du module d'échanges : gare + aérogare] impose des séquences dans l'usage des espaces » (17). L'espace d'intensité devient lieu d'opportunité en ce qu'il revient à chacun d'y tracer sa route, son chemin ('hodos' en grec) (18).


S’inventer un peuple : le peuple souterrain
Dans l’espace souterrain qui se creuse, se distribuent des intensités joies, rencontres, activités, productions qui finissent au bout du compte par former un peuple un peu comme les Fraggle Rock, de là on peut dire que le peuple souterrain se compose de :
-    producteurs d’espaces : ingénieurs, architectes, tunneliers (autrefois c’était la corporations des carriers ou perreyeux, c’est-à-dire des tailleurs de pierre de la vallée de la Loire,   
-    distributeurs d’espaces : la SNCF, les commerçants. Ils exploitent l’espace et les potentialités qu’il lui fixe. Ils participent à l’animation de ce même espace. A ceux-ci se subordonne les homme de soin, ce qui entretiennent l’espace (directeur d’exploitation et balayeurs, chef de station et guichetiers, vendeurs, agent d’affichage...
-    consommateurs d’espaces : les usagers, les visiteurs de tous poils. Les lieux- mouvement ont eux-mêmes une répartitions de ces occupants : d’un côté les usagers qui accompagnent le mouvement, use de lieu jugés parasite (preneurs de photo ou clochards, mendiants).

On pourrait classer ces 3 groupes sous d’autres noms :
-    les nomades : les producteurs d’espaces, creuse la surface. Il vont là où l’on a besoin d’eux. Leur seul mouvement est la spirale, ce n’est pas la spirale de la vis de forage mais la spirale du mouvement aberrant qu’ils font dans leur tête, dans leur délire (ingénieurs, architectes…),
-    les sédentaires : les distributeurs d’espaces sont ceux qui répartissent l’espace et l’affectent de nouvelle potentialités,
-    les migrants : les consommateurs d’espaces sont quant à eux ceux qui affectionne plus ou moins l’espace, ils en éprouvent les possibilités, et parfois les multiplient.

De manière générale ces trois entités font partie intégrante de l’intensité propre à un lieu, sont à l’origne de son animation. Nous sortons par cette appréhension de la réalité, d’une vision centrée sur l’homme, qui demeure purement utilitaire. Derrière cette forme d’humanisme se cache toute un individualisme contre lequel va la notion même de complexe d’échange urbain. En définitive, un lieu-mouvement admet plus de libertés qu’on ne le croit, il y a en lui, par la performance qu’il génère, une certaine potentialité de libération. C’est un ce sens qu’on ne peut réduire le questionnement sur les complexes d’échanges urbain.



(16). Distinction réelle et inséparabilité se retrouve dans la philosophie de Leibniz sous les termes d’Harmonie et  d’Union. Voir DzPL_144, BergenOD_598.

(17). Paul Andreu – architecte :  AndreuAME 42.

 (18). C'est en ce sens que Véronique Bergen parle d'un espace pré-hodologique du cs0 (la spatium, voir *_581 et Mémofre2, où se génèrent des dynamismes sujets à des ralentissements et à des précipitations, et donc à des rythmes, ces dynamismes sont dynamismes spatio­temporels intensifs an ce qu'il dépasse l'espace hodologique ou métrique ou extensif ; en ce qu'ils dépasse le temps homogène, le chronos rectiligne, pulsé, orienté. Ces « dynamismes constituent des temps d'actualisation ou de différenciation, non moins qu'ils tracent des espaces d'actualisation » (DzPL-280). Mais ils sont aussi « catastrophe »,         selon       le terme de Deleuze, dans une conscience. Ils participent des 3 série d'hétérogènes à savoir l'espace, le temps et les intensités (blocs d’espaces-temps).

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