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31 mai 2012 4 31 /05 /mai /2012 02:20
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29 novembre 2011 2 29 /11 /novembre /2011 09:54
 

 

Anatxu Zabalbeascoa, historienne et journaliste au quotidien espagnol El Pais, propose dans les colonnes de l'édition du 10 avril 2011, à l'occasion de l'inauguration de la Cité de la Culture à Saint-Jacques de Compostelle, une longue interview avec Peter Eisenman. L'architecte s'explique, l'homme se confesse. Rares sont les moments d'une telle vérité.

 

 

Contexte
Pour accompagner l'article un encart intitulé 'La grande échelle pour être dans l'histoire' résume quelques informations essentielles :

Né à Newark (USA) en août 1932, Peter Eisenman s'est formé dans les années 50 avec une légende, Walter Gropius. Connu internationalement pour sa vision provocante et monumentaliste (la grande échelle comme il l'appelle) de l'architecture, il livre ces dix dernières années l'imposant Mémorial de l'Holocauste à Berlin et l'audacieuse et polémique Cité de la Culture.
La Cité à Saint-Jacques de Compostelle a suscité de vives critiques, son coût initial de 108 millions d'euros étant passé à plus de 400.
AZ

 

PETER EISENMAN : «L'AMBITION MAXIMALE EST TOUJOURS NECESSAIRE»
Anatxu Zabalbeascoa | El Pais

Madrid - Si la Cité de la Culture est un projet controversé en Galice, son auteur, l'Américain Peter Eisenman (Newark, New Jersey, 1932) est un homme habitué à la discorde et au rejet et qui s’alimente de deux obsessions : faire avec un langage de son temps qui, par la même, reste hors du temps. L'auteur de l’imposant mémorial de l'Holocauste à Berlin, a été, avant d’avoir posé une seule pierre, docteur en philosophie à l’université de Cambridge. «De trop savoir, ma vie en a été ruinée», dit-il.

Ce porte drapeau du déconstructivisme, qui proposait de briser le périmètre des édifices en appliquant à l’architecture des normes linguistiques, a construit en Espagne un autre bâtiment, celui de l'Université de Gandia. La veille de l'entrevue, au cours d'une conférence au Circulo de Bellas Artes de Madrid, Eisenman a affirmé que jamais il ne vivrait dans une maison dont il aurait conçu le dessin, reconnaissant préférer les choses «plus innocentes mais si simples».

02(@ChrisWiley).jpg Anatxu Zabalbeascoa : Alors, pourquoi votre architecture est si complexe ?

Peter Eisenman : Il y a une différence entre l'art et la vie. Je suis plus à l'aise dans un lieu anonyme qui ne soit pas une annonce. Je n'ai jamais voulu faire ma propre maison. Mais la complexité de mon travail est due au fait que j'ai choisi d'être architecte, architecte d'une époque, la mienne, plutôt que d’un lieu. Je me demande s’il est possible de faire en sorte que quelqu’un doute de l’époque dans laquelle il vit à cause de l’architecture. Je crois avoir réussi quelque chose de similaire avec le Monument pour l’Holocauste à Berlin. La sensation de se sentir perdu fait que d’aucuns peuvent mieux prendre conscience de l’existence. Ceci est infaisable dans une maison. Au début de ma carrière, je disais qu’il n’y aurait que des logements mais j’ai grandi. Les gammes sont aussi de la musique. Un morceau n’est pas un opéra. Ils ne peuvent pas aspirer à la même chose.

Vous vous intéressez à l’opéra ?

Seuls les projets de grande échelle peuvent se confronter aux problèmes de notre temps. J’ai eu la chance de pouvoir faire six édifices à Saint-Jacques de Compostelle qui sont comme plusieurs voix chantées en même temps. Je crois qu’il est possible que la Cité de la Culture se convertisse en une oeuvre historique. Il est important que la Galice se sente autre chose que le bout du Finistère de l’Espagne. Quand je lis les commentaires que les 35.000 personnes qui l’ont visité les trois semaines suivant l’inauguration disant que le lieu est majestueux, je sens qu’ils s'enorgueillissent et ceci faisait partie de ce qui était recherché à l’époque du concours.

Croyez-vous que la cathédrale les enorgueillit suffisamment ?

Je crois que la Cité de la Culture cherchait à être un monument séculaire en un lieu traditionnellement religieux. Des trois communautés autonomes ayant leur propre langue, la Galice n’avait pas l’industrie ni la modernité de la Catalogne ou du Pays Basque. Agricole et pauvre, il lui manque les infrastructures culturelles de ses voisins. L’idée d’assembler autant d’installations justifiait la Cité. De plus, à l’époque du concours, les conditions économiques étaient autres. La Galice a décidé d’investir dans ce projet au lieu de gaspiller l’argent. Aujourd’hui, il pourrait ne rien y avoir et ce que nous voyons est d'ailleurs fait pour demain, non pour maintenant. La région perdait sa population et comment pourrait-elle la récupérer sans infrastructures culturelles de notre époque ?

03(@PaisajesEspanoles)_B.jpgVous êtes en train de dire que la Cité ancre la Galice dans l’époque actuelle ?

Oui, elle aidera à mener la région jusqu’au présent tout en l’éloignant de la nostalgie du passé.

Vous dites que les bonnes idées ne vieillissent pas. Et la Cité ?

Ils ont pensé faire quelque chose de grand et je continue de le croire. Les gens doivent se rendre compte que le coût a changé parce que le programme a changé. De 60.000m² nous sommes passés à 150.000. La bibliothèque a dû doubler sa capacité afin de créer un espace pour un million de livres. S’ils ont les livres ? Ceci n’est pas mon affaire. Le projet a coûté 2.200 euros par m². La moitié de ce qu'a couté ceux d’Herzog & de Meuron ou Moneo.

Un architecte se demande-t-il si ce qu’il fait est nécessaire pour un lieu ?

Certains se demandent si ce que nous faisons est moral. Si c’est correct. Certains se demandent même si le travail est intéressant. Il y a, je pense, de par le monde, trop d’architecture, d'autant plus que 80% de ce que font les architectes n’est pas pertinent et n’a d’ambition ni politique ni sociale. A Milan, nous faisons une tour de logements de ce type, sa conception est adaptée à la réglementation et à l’obsession du client à exprimer des mètres carrés. Nous le faisons comme un défi pour alimenter l’agence. Mais aucun ne va penser faire de la grande architecture. Saint-Jacques n’était pas de ce type. Le mémorial de l’Holocauste non plus. Sont-ils nécessaires ? Je crois que la plus grande ambition est toujours nécessaire.

Combien de fois un architecte peut-il signer un travail qui représente son idéologie ?

Peu de fois, s'il le peut. Les composantes de l’idéologie moderne, logements et infrastructures, se sont perdus dans la spéculation. Peu s’en émeuvent et les gens préfèrent les centres commerciaux. Les jeunes d’aujourd’hui paraissent avoir perdu l’opportunité de participer à des projets qui changent le monde. Quelle est aujourd’hui la possibilité de faire une architecture de compromis social ? Un musée ? Pas même un logement.

04(@ManuelGonzalezVicente)_S.jpgEt des centres commerciaux conçus différemment ?

Peut-être. Mais l’architecture importe peu aux usagers des centres commerciaux. Ils ne comprennent que les formes. Quand j’ai travaillé pour Gropius dans les années 50, son agence était la meilleure. Au même niveau que Mies Van der Rohe. Il y avait des possibilités. Mais notre travail était anodin. Ce n’était pas les travailleurs, c’était l’esprit. Tout était banal, il n’y avait pas d'inspiration. Gropius n’avait pas de vision. Ceci m'a fait douter. Je me suis demandé si Gropius avait toujours été ainsi et j’en ai conclu qu’il n’a jamais eu d’autres projets que son propre égo.

Pensez-vous qu’il y a aujourd’hui beaucoup d’architectes intéressés par autre chose que leur propre égo ?

Il y en a plus que jamais. Rem Koolhaas a un grand égo mais Rafael Moneo s'intéresse à quelque chose d’autre comme Venturi et comme beaucoup de jeunes architectes. L’Espagne est un des pays qui prépare le mieux ses architectes à avoir une oeuvre faisant sens et ayant une responsabilité morale.

Comment se sent un architecte quand ce qu'il considère être son oeuvre maîtresse n’est pas valorisée par la majorité des gens ?

Si tout le monde l'aimait, quelque chose n'irait pas bien. Si vous êtes un personnage public vous devez admettre la critique. Une question se pose avec chaque projet : croyez-vous en lui suffisamment pour lutter et supporter tout ce qu’il faudra supporter à travers lui ? Je ne souhaite pas plaire à tout le monde. Je demande seulement qu'on sache voir ce qu'il y a à Saint-Jacques. Je crois que d'aucuns peuvent aller là-bas et sentir la passion dans cette oeuvre. Je crois qu'il faut juger avec justice et non à travers l'actuelle crise économique. On ne peut pas critiquer le fait qu'elle soit trop grande ou qu'elle ait couté trop cher. La critique doit être autre. La Galice avait besoin de quelque chose à cette échelle.

Le temps permet-il de mieux comprendre vos réalisations ?

Le Mémorial pour l'Holocauste à Berlin a rencontré une forte opposition. Ces deux projets, en Galice et à Berlin, sont aussi bien de l'architecture que du paysage. Ils récréent un lieu, un lieu hors du temps qui permet à n'importe qui de se sentir en dehors du temps. Cela fait des semaines que le public prise une partie de la place allant jusqu'à la couverture de l'édifice. Quelqu'un peut se demander quel type d'architecte pourrait faire une rampe d'accès qui ne mène nulle part... Ce n'est pas une rampe, mais le sol qui se soulève.

Pourquoi faire ?

Pourquoi ? Les gens n'aiment-ils pas s'élever ? Dîtes-le moi. Je ne sais pas. Mais tous vont là, ils font des photos. Ce n'est pas l'édifice, c'est le sol qui finit par être une partie de l'édifice. C'est un lieu qui dégage une force et ce sont les gens qui expriment cette force. C'est un site très populaire. Que ressentent les visiteurs à cet endroit ? Je ne le sais pas. L'incertitude ? Le déséquilibre ?

Vous vous êtes demandé si l'incertitude est toujours significative en architecture. C'était au moment où vous arrêtiez de construire des logements et où vous commenciez à vous psychanalyser. Vous l'avez fait durant vingt ans.

Le critique Manfredo Tafuri m'a accusé de vouloir voler comme Icare et d'aller trop près du soleil. Après vingt ans de psychanalyse, j'ai appris ce que je savais déjà, que je voulais justement m'approcher trop près du soleil. Mais jamais personne n'a été capable de m'expliquer la manière de chercher, sur terre, le soleil.

Qu'avez vous appris par la psychanalyse ?

Dois-je m'allonger ? Ce que j'ai fait à travers la psychanalyse a été d'en finir avec mon couple (un couple que je n'avais pas cru possible de briser), d'en finir avec ma vie académique et de me pousser à la pratique architecturale. Mon idée concernant la manière de faire de l'architecture a changé. J'ai vécu entouré de psychiatres. Mon arrière beau-père a été le psychanalyste de Jackson Pollock, la famille de ma première femme s'est entièrement psychanalysée et moi même, pendant longtemps, j'ai eu deux psychanalystes, un à Los Angeles, l'autre à New-York.

Comme dans les films.

Je me sentais être sur une barque, au milieu d'un fleuve, en plein brouillard. J'entendais des appels d'un côté et de l'autre, l'annonce d'une rive. Au final toute ma famille est passée par l'analyse : ma femme, mes enfants, y compris ceux de mon premier mariage...

Et ?

La psychanalyse ne vous rend pas meilleur, elle vous fait comprendre pourquoi vous êtes tel que vous êtes. Elle ne vous soigne pas. Qui plus est, certains disent que les plus fous sont les analystes eux-mêmes, presque tous lunatiques. Mais ils vous donnent la liberté et m'ont fait accepter qui je suis.

05(@ManuelGonzalezVicente).jpgEt qui êtes-vous ?

Une personne qui ne doit pas mentir.

Le faisiez-vous ?

Je n'étais pas en paix. En disant ce que je pensais, j'ai pu faire la paix avec mon passé. Je l'ai fait avec mes origines juives grâce au projet du Mémorial pour l'Holocauste. J'ai grandi dans une famille laïque. Nous faisions même un sapin de Noël. Je n'ai connu mes origines juives qu'à l'âge de 11 ans et un enfant m'a dit qu'il ne pouvait pas jouer avec moi parce que j'étais juif. Depuis, j'ai refusé de l'être et me suis enfermé. La psychanalyse m'a permis de dire qui je suis, à savoir d'ascendance juive, non pratiquant... J'ai appris ce qui paraît la chose la plus difficile au monde. Dire quelles sont les choses qui brûlent en soi. En d'autres termes, la psychanalyse vous oblige à dire ce que vous ne voulez pas dire et, normalement, il s'agit du plus important.

Cela s'applique aussi à l'architecture ?

Lors de la conférence 'del Circulo' de Bellas Artes j'ai essayé de dire ce qui brûle en moi. Qu'est ce que l'idéologie aujourd'hui ? Je veux savoir ce qu'est l'architecture aujourd'hui. Je ne connais pas la réponse. N'allez pas intituler l'interview comme ça.

Ce serait un bon titre : 'L'auteur de la Cité de la Musique déclare qu'il ne sait pas ce qu'est l'architecture'.

Tel que je suis ou comme j'ai été fait, j'ai besoin de comprendre tout ceci.

Vous sentez-vous libre ?

Je pense que personne ne sait aujourd'hui ce qu'est l'architecture. Je sais qu'il ne s'agit pas de l'esthétisation de l'idéologie (comme l'essayèrent les nazis) mais, si l'architecture est politique, quelle est la place de la composante esthétique ?

06(@RolandHalbe)_S.jpgVotre travail prend en compte l'esthétique ?

La cité est belle. Mais l'esthétique est accidentelle, inespérée. Elle n'est pas un objectif. Combien de projets importants peut-on faire en une vie ? Combien de projets nécessaires ? Saint-Jacques, une fois terminé, sera l'une des oeuvres les plus importantes de ma vie. J'ai réalisé trente édifices qui ne peuvent en aucune façon être tous importants.

Quand avez-vous su que Saint-Jacques ou Berlin seraient des oeuvres importantes ?

A Berlin, le Mémorial de l'Holocauste est fondamental. Si vous affrontez quelque chose d'aussi épineux, le monument sera important très longtemps. Nous l'avons bien fait. L'histoire nous dira si Saint-Jacques est important. D'abord, il faut achever le projet. Il manque encore les rues afin de convertir l'ensemble en territoire. Il manque le musée, un édifice saisissant qui sera inauguré en septembre. Il y a aussi l'auditorium qui aura un impact fort. Quand il sera terminé, l'histoire pourra juger.

Vous aimez Manuel Fraga ?

Oui, il se réjouit du projet. Je l'ai vu lors de l'inauguration et l'ai embrassé. Nous avons sympathisé. Je crois qu'il est important pour l'histoire de l'Espagne.

Savez-vous ce qu'il représente dans l'histoire de l'Espagne ?

Il a été un brillant professeur dans les années 70. Il a essayé de démocratiser le régime. L’Opus le mit au gouvernement puis, étant volatil, il s'est converti en ambassadeur au Royaume-Uni. Il est un ami de Fidel Castro, chose qui dérange beaucoup au PP. Il a créé les paradores, a participé à la fondation de El Pais. Je crois qu'il sera jugé comme une figure plus importante encore que Suarez. Il a du moins été pour moi une figure clef. Et maintenant il se réjouit de la Cité de la Culture.

C'est son monument ?

Il le voit ainsi et souhaite son achèvement. Mais vous devriez plutôt lui demander à lui. Il a été puissant et continue d'être un homme fort. Il est l'un des clients les plus importants que j'ai jamais eu. Il comprend le monde.
[...]

07(@ManuelGonzalezVicente).jpg Après ces années passées à la conception de la Cité, qu'est ce qui a changé dans votre agence ?

Je suis plus rapide. Il y a dix ans, si une pierre me manquait, la terre se serait écroulée. Aujourd'hui, j'en trouve une autre pour la remplacer. Je crois que les différences de couleur peuvent améliorer un édifice. Ce qui en résulte est impossible à concevoir. D'aucuns apprennent dans les accidents.
[...]

En tant que New-yorkais, qu'auriez vous fait pour le mémorial du 11 septembre ? Le site étant vide depuis une décennie.

J'ai participé au concours et je ne voudrais pas être injuste. Le mémorial de Berlin est bien mieux : 10 hectares pour 50 millions d'euros. Le projet de New York est estimé à 500 millions. C'est une quantité d'argent obscène. Il est évident qu'on pourrait faire un mémorial avec un seul dixième de cette somme.

En sacrifiant la valeur commerciale de la zone ?

Je dois décider entre commerce et mémoire. A Berlin, tout était clair.

Vous croyez que la Cité est une fin ?

Dans l'absolu, la société aura toujours besoin de projets ambitieux. Surtout les sociétés en croissance. Nous avons besoin de symboles. L'échelle d'une icône est fondamentale. Il y aura plus encore de projets similaires. Je le crois et l'espère pour la prochaine génération. Au contraire des questions relatives au 'où sommes nous ?' 'A la fin de tout ?' 'Le monde s'arrête-t-il après nous ?' Mes étudiants sont mieux préparés que jamais et n’auront pas moins d'opportunités que n'importe quelle autre génération. Leurs propositions seront nécessairement meilleures, du moins inespérées.

08(@ManuelGonzalezVicente)_S.jpgAucun de vos enfants n'est architecte.

Dieu merci, non. L’un fait du cinéma, l'autre est avocat. Les plus jeunes étudient.

Vous n'avez pas non plus d'architectes dans votre famille. Pourquoi avoir voulu l'être ?

Par hasard. J'ai grandi dans une famille de classe moyenne supérieure. Mes parents étaient universitaires. Ma mère venait d'une riche famille juive allemande qui est arrivée aux Etats-Unis au milieu du XIXe siècle.

Que faisait-elle ?

Rien. Rien de rien. Elle jouait aux cartes toute la journée. Elle a été éduquée pour ne rien faire. C'est une domestique noire qui m'a éduqué. Mon éducation sentimentale vient de cette femme. Je l'ai beaucoup aimée. Dans ce contexte, je suis allé à l'université parce que c'était ce que devait faire quelqu'un dans ma position. Je n'ai fait aucun choix jusque très tard dans la vie. Par exemple, je suis allé à Cornell parce que je n'ai pas réussi à entrer à Harvard. Psychologiquement et socialement non plus je n'étais pas préparé pour aller à Harvard. Mais il m'était égal d'aller d'un côté ou de l'autre. Je ne savais rien et rien ne me préoccupait. C'est mon père qui a choisi mon programme d'études : chimie (parce qu'il était chimiste) et allemand. Si un conseiller académique n'avait pas vu comment j'avais fait une maquette, je ne serais pas aujourd'hui architecte. J'avais alors décidé de faire des maquettes.

Et votre père comprit ce choix ?

C'était la semaine sainte et presque personne ne parlait. Je ne devais rien dire et ne savais pas comment annoncer la chose. Mais cette fois, je le fis et ils m'écoutèrent. Mon père nous a conduits dans un salon que nous n'utilisions jamais et ce que je disais alors acquérait un ton cérémonieux. J'annonçais vouloir devenir architecte. Mon père m'a demandé s'il s'agissait d'une plaisanterie. J'ai répondu que non. Il m'a donné une année pour essayer en me disant que si cela ne fonctionnait pas je devrais trouver du travail. Il ne s'en est jamais repenti.

Et quand avez-vous décidé d'être un architecte complexe ?

Quand j'ai travaillé pour Gropius, je suis sorti avec une femme qui était de sept ans plus âgée que moi. C'était une femme puissante, riche et très éduquée, fille du président d'une compagnie nord-américaine d'acier. Nous avions une relation intense. Je lui ai dit vouloir aller étudier en Angleterre. Elle me demandait pourquoi et je lui répondais que j'avais besoin d'être un grand architecte. Depuis ce que j'avais vu à l'agence de Gropius, j'en avais besoin et je n'étais donc pas encore disposé à me marier. Deux mois après, je suis parti. Elle s'est suicidée. Ceci ne m'a pas laissé le choix. Je ne sais pas si je serai un grand architecte. J'ai seulement su que je me devais d'essayer d'être un grand architecte.

Pourquoi avoir essayé d'être grand à travers la complexité ?

Je ne vois pas d'autre manière. Mais je ne prétends pas être un grand architecte. Je n'ai pas le Pritzker.

09(@NoelFeans)_B.jpgCela vous préoccupe ?

Je n'appartiens pas à ce club. J'appartiens à d'autres. Comme Joyce ou Borges qui n'ont jamais eu le Nobel. Quand ils l'ont donné à Koolhaas, je me suis dit qu'ils auraient dû me le donner avant. Et Zaha Hadid. Il y a vingt ans, oui cela me préoccupait. Aujourd'hui, non. J'aime la vie. S'ils m'offrent un jour le Pritzker et que je dois renoncer à être qui je suis, je ne l'accepterais pas.

Il y a vingt ans, le prix vous aurait-il changé la vie ?

Sans doute. J'aurais pu être une personne et un architecte bien pire. J'aime être inquiet, curieux, éveillé, j'aime profiter de l'enseignement, de mes relations avec la jeunesse. Je suis au sommet de mon jeu : je pense être rapide, complexe mais clair. Je suis capable de dire ce dont j'ai besoin de dire et de penser ce dont j'ai besoin de penser. Je me sens libre quand nombre de mes collègue perdent leur liberté.

Puisque vous comparez architecture et musique, pourquoi aimez-vous tant Wagner et n'appréciez vous pas Schönberg ?

J'aime les oeuvres d'art totales. La grande musique, les grands livres. Je crois en la grandeur, en de grands projets qui peuvent réinventer les choses. L'Egypte a été un grand projet, la Russie, la Chine aussi. Je ne suis pas sûr que les Etats-Unis suivent le mouvement. L’Espagne non plus.

A 78 ans, croyez-vous que les théories d'autres domaines comme la littérature peuvent s'appliquer à l'architecture ?

Non. J'ai longtemps cru cela possible mais je n'ai pas pu le faire Je pense que l'architecture doit trouver sa théorie et son propre discours.

Propos recueillis par Anatxu Zabalbeascoa | El Pais
10-04-2011
Adapté par : Jean-Philippe Hugron

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12 juin 2011 7 12 /06 /juin /2011 14:46

Un intéressante entrevue de Santiago Calatrava qui y donne sa vision des crises économiques de 2006 et 2011 ainsi que sa définition de l'Europe comme Europe faite de ponts qui relient des Universités (même si ce n'est plus là que le savoir se passe).

 

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24 avril 2011 7 24 /04 /avril /2011 17:28

Cette  vidéo explique par elle-même le rejet de Tadao Ando par la société traditionnelle japonaise. On comprend aussi pourquoi la moitié américaine de son agence moins dans la rigueur du maître comme la jeune moitié japonaise de son agence.

 

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29 juin 2010 2 29 /06 /juin /2010 19:43

Le Corbusier était un mauvais déssinateur il ne dessinait que du figé, des natures mortes pour ses peintures, son père agonisant ou ses machines à vivre qui contrairement à celle de François Roche ne produisait aucun mouvement, excepté cet espace ascensionnelle comme dit portZamparc. Mais je ne fais pas mieux. Par contre introduire le mouvement ou plutôt l'accélération est plus risqué.

Par contre c'était un très compositeur, il se donnait otujours un cadre dans lequel il fragmentait en tension, sauf quant il fit de l'architecture organique (Villa Laroche ou le Palais des nations dont il perdit le concours pour une histoire d'encre). S'il avait remporté ce dernier sans doute serait-il passé à l'organique concurrencçant celui qui était l'un des plus grands organiste.

 

- Dessinateur : 5

- Compositeur :10

- Organiste : 6

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21 janvier 2010 4 21 /01 /janvier /2010 01:37
Voici un article qui explique le tournant qui s'est passé chez Rem Koolhaas et dont l'attitude actuel n'est que la partie immergée qui se fait jour. Bon je rajouterais un areticle d'anlyse pour vous expliqez tout cela. Un indice une partie de la rpéonse se trouve dans poser/exposer (sorti à l'occasion d'Euralille) où Koolhaas reprend une définition de l'architecture comme boule de plomb qui a du mal à s'actualiser mais surtout il y avoue qu'après Euralillle, il s'est posé la question de savoir s'il était vraiment architecte. Vient alors le développement de son agence entre 1998 et 2002 puis l'accesion des jeunes recrues de cette époque au rag d'associé. Mais quelque chose qui touchait à constant ou à l'a-gravitaire s'est dilué.

Dans la vidéo qui suit vous pourrez voir l'inimitié naisante pour Nouvel et une sorte de déception d'être incompris dans sa perversion.


Rem Koolhaas / L'enjeu capital(es)
envoyé par centrepompidou.

Reste cet article très symptomatique dont le titre est
All architectures are survivors.

Koolhaas Rem
 
Full version of the authors of the interview published in the El País Babelia supplement with the title Vivimos un urbanismo loco (We are living through a crazy urbanism) (19/12/2009).


This interview had been prepared in the classic style, with questions for Rem Koolhaas concerning the important themes of his discourse, the ideas he deals with in his writings, but after having attended his conference in Bordeaux (Ville d’aujourd’hui, vies de demain, les grandes conférences d’architecture, organized by arc en rêve centre d’architecture), we believe that the Centro de Congresos de Córdoba, the sole OMA project in Spain, recently taken up again, sums up much of his present concerns. This deals with the co-existence between modernity and spontaneity, with the future or the architecture between the iconic and the generic, with the perdurance of the traditional city model, with the ambition of cities and their financial capacity, with the survival of big architecture at times of crisis...

Rem Koolhaas appears in the dramatic central nave of L’Entrepôt Lainé, dimly lit and with a provisional hall set up for the occasion, amidst an art installation and facing a mainly young submissive audience.  
He speaks of naturalness and artificiality, that architecture revolves around a permanent doubt about this duality.
“One of the results of this doubt is our inability to recognise life in any other place apart from the city centres. This doubt has condemned the neighbourhoods to belonging to an obligatorily secondary position, without granting them any capacity to live and be happy.  At the same time, we feel unable to recognise that projects from the sixties, seventies and eighties bear values. This is an inability to value our recent past, which has been sentenced to an immediate amnesia. This doubt is something for which we pay a high cost. The cost of pleasure in the cities. It also costs us the pleasure of the unknown and that of adventure, which may be the essential part of the city”.

He shows a black and white photo of an indefinite time, of a public space dominated by fog, with street lights lit at night. We cannot see the buildings. He vehemently attacks the excesses of urban design.
“In the contemporary night scene it is not the urban condition which is seen, but the public space defined by artistic means, by design. We are beginning to recognise that probably the design of public spaces is the most repressive means that exists, among the great number of strategies we have designed to de-naturalise the city. I am aware that it is a strange word, but the city has been de-naturalised by an excess of design. Design as a means for exclusion. What is the present situation? We live with the lack of manifestos, with the lack of architectural reflection. As such, we are living an ideological life which we just do not understand at all. What I can do is theorize on the consequences of the dominant market system in the last twenty years. And, what are the consequences of this system on architecture? For, in reality the market has implied an enormous transfer from the public sector to the private sector and has removed the base on which architect stood, who before was a servant for good and has now become a servant for the private. The architect has completely changed status and the current phenomenom of the starchitect is a mere compensation for this change”.

He lets off steam concerning the criticism received.
“I feel like the messenger from another world, who says that other phenomena exist, but the relationship has become a type of dialogue between deaf people. They have preferred in a somewhat simplistic way to believe that it was I who stimulated the market, the shopping, the  technology of manipulation. That it was I who loved the city as a commercial labyrinth, when, on the contrary I was only curious to see if it was possible to live in a situation like that. I am viewed as Mr. Anti-context, but this name is ambiguous, because it also has been said the opposite, as if we were context fetishists, like all the rest”.

He describes the Asian city.
“Suddenly, we face a very different city typology -the non-Western city-, which we find completely incoherent, but which we can analyse as an urban object, which is established in easy situations and which avoids difficult relationships, such as complicated orography. Certainly the non-Western city is an opportunist city, yet at the same time it has the capacity to deploy on all sides an urban culture using prototypes which among ourselves could not work with that same logic”.

He attacks an American city prototype of healthy, pleasant and peaceful living.
“The problem of our inability to truly understand the city can be summed up in a sole name: Vancouver. A peaceful Canadian city, which has become the model, in the absence of others, of the more or less correct city, more or less friendly, more or less blah blah blah”.

He reinforces his position with a moral statement.
“Our inability to modernise our own concept of the urban condition has led us to a crazy urbanism, which appears on all sides, which surrounds us, with its mediocrity, with its sustainable symbolism of the worst kind, with a green cynicism, a dead loss of public space which has become a more and more radical space for exclusion. Our office has tried to escape from all this. That is why some time ago we launched the idea of a generic architecture, inspired in Erasmus, Luther and Calvin, taking on in this way our own Calvinism”.

The next day, on the terrace of the hotel Saint James in Bouliac, with Bordeaux covered in mist, Rem Koolhaas responds relaxedly.
QUESTION. Just as Spain is going through a time of crisis, the Córdoba project is going to commence -seven years since you won the competition-, thanks to a series of changes in the institutions and coinciding with the candidacy of Córdoba for 2016 European City of Culture. It seems to be a spontaneous event, or it may well be a movement of the stars. We would like to know your feelings on the form in which the project is going to move forward.
ANSWER. It is a bit paradoxical. You talk about astrology and I agree. I have always had a strong feeling that this was going to happen, mainly because it is like an event which only occurs at a given moment. It is something which Rosa [Aguilar, formerly Mayor of Córdoba, currently Minister for Public Works and Transport in the Andalucía Government] wanted to do. She is a person who is uncommon in the world of politics, with true consistency. At the same time, I have always had serious doubts about the involvement of the private sector in all public buildings. I believe that in Europe, for the last ten years, there is an enormous contradiction between ambitions and money and that we can always find exotic ways such that political ambitions are satisfied. Sometimes, one realises that the involvement of the private sector is not always the solution because the interests are very different.
At a given moment it was I who suggested cutting the building in two, believing that this could clarify what was the domain, the interest and the responsibility of the public sector.
Reducing it, we have contributed to establishing a scale and a program which can be purer, more classic and more representative of what is public. I believe that what has been a real coincidence is that the crisis allows this type of more attractive clarifications, in which it is shown that the private sector has influenced with its problems in all aspects of the building.

Q. It must have been very hard for you to propose cutting up the building, mustn't it?
A. Mmm, no, because I have been there several times and at a given moment I realised that in architectural terms it was entirely possible. I have never had the least difficulty to imagine things differently.

Q. The part that has disappeared has been that of the private elements, to be exact the money-making uses, those that were to make the operation profitable?
A. Perhaps in theory this was the idea, but I am not sure that it would have been profitable.

Q. Don't you think that in Europe the incorporation of the private sector into the sphere of the public sector is the solution?
A. The term public-private partnership has been used for the last twenty years, but more and more it can be seen that this has been converted into an opportunity for the private sector to put its aims and interests before the public's empty pockets. It has not become a fight, but in the last twenty years relations have been quite tense, and only in the last ten years has the public started to learn how to impose its own interests. In the beginning it was the private sector which was winning and the public sector was really oppressed. Since the public has learnt to correct these errors, a new way has been found to dominate the private sector, even with no money in its pockets. But I believe that there is always a great ambiguity in the majority of this type of experiences.
Evidently it is the logical path, the problem is that the indeterminacy of the two sectors accumulates. And this makes it really complex, because the political side itself is unstable, and if you add the instability of the private sector...A very strong conception is needed and a strong will from both sides, so that the relation may become a real collaboration and I haven't had that sensation in Córdoba.

Q. We would like to take advantage of the case of Córdoba to know how you see Spanish society from the point of view of co-existence between spontaneity and modernity, which is one of your current concerns. You criticise the artificiality of Europe and contrast it with the reality of the emerging countries, where spontaneity generates a more natural co-existence between the modern and that already existing. You also have the experience of Porto, where you built the Casa da Musica. Don't you think that the southern European countries have not yet lost this spontaneity and can live better with modernity?
A. I don't like to generalise. I don't necessarily see things in common between the different southern countries. I have tried to work in Italy and I never managed to; I have tried again and again to work in Spain and only now am I going to achieve it in Córdoba, despite having pursued it for twenty years. I consider this country to be, not averse to what we are doing but it is resistant in other terms and it is difficult to access. I simply believe that in Spain, they have a very local way of doing things and they know very well what they need. They don't need foreign intervention. Up to now, we have only been successful in Porto, although what I am really interested in is working with local conditions and the local savoir-faire. I have always wanted to, but perhaps it's a language problem, the difficulty of communication.

Q. We believe that Spain is still a country where the co-existence between the old and the new is possible and that there is a place for spontaneity.
A. It might be true, but I don't know why. Modernization may have started later.

Q. Or perhaps it hasn't really started?
A. I believe that it is developing, but maybe these countries are happier with themselves. I completely disagree that in the South they are more naive and in English-speaking countries more rigorous. I think that each project has a completely different ecology and it is very strange that  there is a project that doesn't require, from the architect, an effort to defend its raison d'être. I believe that there are very few people who can say : “I am going to do this in this time, Let's do it!”. Hardly anyone. I think it was more frequent in the past, but maybe this is also an illusion.

Q. Do you believe that the Córdoba project will be a survivor of the crisis?
A. According to my experience, all architectures are survivors.

Q. Do you have a profile on Twitter, or is it someone else impersonating you?
A. On Twitter, what is that? Ah, Twitter! No, it's not me.

Koolhaas Cordoba Project

Koolhaas Cordoba Amputation
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14 décembre 2009 1 14 /12 /décembre /2009 03:11

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Récompensés en 2008 par le Grand Prix National de l’Architecture, Anne Lacaton et Jean-Pierre Vassal ont une approche assez tranchée des missions de l’architecte : plutôt que d’imposer un geste esthétique fort et coûteux dans leurs projets, ces deux architectes ont développé une esthétique du simple et du généreux, qui repose sur un constat simple. En utilisant des matériaux standardisés et économiques (aluminium, plastique, polycrabonate transparent, tôle, bois, stores), ils proposent à leurs clients (maisons privées, lieux publics, projets d’immeubles neufs ou rénovation d’immeubles) de doubler la surface habitable, grâce aux économies réalisées sur la mise en oeuvre. On pourrait appliquer à leur architecture non pas le "less is more" du minimalisme, mais plutôt le "more is less" : plus le volume sera grand, moins les contraintes seront difficiles à résoudre... en d’autres mots, au plaisir d’habiter des volumes généreux, Vassal et Lacatonespaces libres, modulables, transformables, afin que chacun puisse s’approprier son lieu de vie. Leur éthique s’apparente à la simplicité, à la générosité, au partage. ajoutent celui de la liberté : ils imaginent des

Inspirée de l’expérience de l’Afrique (où la récupération et le faire durer sont de mise) et d’un premier projet d’agrandissement d’une maison (la maison Latapie) en Gironde, cette posture en architecture, qu’ils ont développé depuis plus de 20 ans, vient à point nommé raisonner, dans le contexte de crise économique mondiale, et dans la réflexion sur la consommation, la boulimie de sophistication, de luxe et le gâchis qui l’accompagne souvent. Ainsi, à chaque fois qu’ils ont été consultés sur des projets de démolition/reconstruction de logements sociaux (notamment les programmes sociaux des années 60 et 70), ils ont à chaque fois refusé la destruction, en argumentant que ceux-ci présentent un potentiel inachevé... Dès lors, ils proposent d ’agrandir les plateaux de chaque étage par des terrasses, balcons, véranda, où la végétation vient apporter du lien avec l’extérieur et un peu de poésie.

 

OEuvres

Ecole Nationale Supérieure d'Architecture de Nantes

Logements

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14 décembre 2009 1 14 /12 /décembre /2009 01:16
0-9
3XN
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A
A-lab
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Arte-Charpentier
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Alsop
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Andreu
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Arquitectonica
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Architecture Studio
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Arep
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Assael Architecture
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Arup Associates
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B
Beckmann N'thepe
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Boffil
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Brenac & Gonzalez
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Brigitte Metra
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Broadway Malyan
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C
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Costas Kondylis & Associates
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Edward Cullinan
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D
Daufresne Legarrec Architectes
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Destefano & Partners
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Lifschutz Davidson
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F
Feichtinger
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Fletcher Priest
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Terry Farrell and Partners
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Fox & Fowle
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Future Systems
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Massimiliano Fuksas
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G
Gatermann-Schossig
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Gautrand
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Frank Gehry
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Nicholas Grimshaw
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Gruber + Kleine-Kraneburg Architekten
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H
Zaha Hadid
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Holl
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Michael Hopkins and Partners
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K
keating / khang
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Rem Koolhaas
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KPF
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KSP Engel & Zimmermann
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L
Dennis Lau
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Daniel Libeskind
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Lucien Lagrange
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Gerg Lynn
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M
Christoph Mäckler Architekten
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Meier
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MVRDV
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MAB
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MacCormac Jamieson Prichard
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Mossessian
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Murhy&Jahn
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N
Nouvel
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P
Philippe Chiambaretta Architecte
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Pei Cobb Freed
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Pelli
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Périphériques
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Perrault
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PKS architects
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Renzo Piano
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Pickard Chilton
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Plan01
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Portzamparc
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Proctor and Matthews
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R
Reid Architecture
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Rogers
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Rolfe Judd
www.rolfe-judd.co.uk

S
S333 architects
http://www.s333.org
Seifert Architects
http://www.seifert.co.uk
SHCA
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Soler
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Skidmore, Owings & Merrill
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Sheppard Robson
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Atelier SOA
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SpaceCraft architects
http://www.spacecraft-architects.com
Speer
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Stephen Holl Architects
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U
UN Studio
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V
Valode & Pistre
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Vasconi
http://www.claude-vasconi.fr/
Viguier
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W
Wilkinson Eyre Architects
www.wilkinsoneyre.com

X
X-Tu
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25 novembre 2009 3 25 /11 /novembre /2009 14:41

L’architecte néerlandais Rem Koolhaas et son Office for Metropolitan Architecture (O.M.A.) ont développé une pensée architecturale particulièrement polémique qui entend répondre aux questions suscitées par le règne des grandes métropoles indifférenciées.

 

Né à Rotterdam en 1944, Rem Koolhaas est d’abord journaliste au Haagse Post et scénariste. Il s’inscrit de 1968 à 1972 à l’AA School de Londres, vivier de l’avant-garde internationale. Bénéficiaire d’une bourse d’études pour les États-Unis, il séjourne à la Cornell University puis à l’I.A.U.S. de Peter Eisenman à New York. Il travaille avec sa femme Madelon Vriesendrop, avec Elia et Zoé Zenghelis, avec lesquels il fonde l’O.M.A. en 1975.

 

De nombreux projets théoriques établissent sa notoriété au cours des années 1970 : « Le Mur de Berlin comme architecture » (1970), « Exodus ou les prisonniers volontaires de l’architecture » – une méditation sur l’enfermement – (1972), « La ville du globe captif » (1972), un projet de maison à Miami avec Laurinda Spear qui rejoindra plus tard le groupe Arquitectonica (1974), « L’hôtel-sphinx » (1975-1976), « La New Welfare Island » (1975-1976), « La légende de la piscine » (1977), un projet de rénovation d’une prison panoptique à Arnhem inspiré des écrits de Michel Foucault (1979-1980), etc. Certains emprunts à Sade et au surréalisme (collage sur le mode du cadavre exquis, paranoïa critique) y côtoient les références à Nietzsche.

 

Paru en 1978, son livre New York délire est dédié à Manhattan, « capitale de la crise permanente ». Il est présenté comme le manifeste « rétroactif » d’un processus urbanistique « sans retenue » qui a toujours « inspiré à ses spectateurs une extase » et qui, néanmoins, aurait été occulté par la pensée architecturale. Koolhaas y annonce un « plan pour une culture de la congestion » qu’il tentera de mettre en œuvre.

 

De retour à Rotterdam vers 1980, Koolhaas produit, en pleine période postmoderne, des projets « antisentimentalistes » qui proclament un refus du contextualisme et de l’idéalisme nostalgique, comme celui de l’immeuble Boompjes (1980-1982) ; il célèbre en 1985 la « beauté terrifiante du XXe siècle ». Avec l’O.M.A. il dresse le plan de l’Ij-plein à Amsterdam et y construit deux barres de logements (1980-1989). Sa présence en France date du concours du parc de La Villette (1982-1983) qu’il manque remporter. Il y introduit une structuration en « bandes programmatiques » qui laisse place à l’indéterminé et à l’aléatoire, démarche qu’il reprendra dans ses recherches de 1983 pour le projet d’exposition universelle de 1989, la rénovation de la ville nouvelle de Bijlmermeer à Amsterdam (1986-1987) et la consultation pour la ville nouvelle de Melun-Sénart (1987).

 

Plusieurs des propositions qu’il soumet à des concours frappent par leur radicalité. Ainsi pour l’hôtel de ville de La Haye (1986), le terminal maritime de Zeebrugge (1989), la Bibliothèque de France, « bloc solide d’information », conteneur cubique percé de cavités « informes » (1989), le centre d’art Z.K.M. de Karlsruhe (1989), les bibliothèques universitaires de Jussieu dont les niveaux sont articulés comme au terme d’un pliage (1992).

 

L’idée de congestion le guide dans l’organisation du quartier d’Euralille (1988-1996) qui se veut une mise en scène de l’incertitude, une exaltation du mouvement et des réseaux, de la densification et d’un certain désordre moderne. Le palais Congrexpo (1990-1994) illustre sa théorie de la grandeur (bigness) selon laquelle, au-delà d’une certaine taille, la construction devient impersonnelle et échappe à tout dialogue avec le contexte urbain.

 

Koolhaas aime les topologies étranges comme dans le théâtre de la Danse de La Haye, aux volumétries spectaculaires et aux vives couleurs (1980-1987), le curieux ensemble Nexus, constitué de 24 maisons-patios en nappe dense à Fukuoka (1989-1991), le Kunsthal de Rotterdam, au parcours en spirale continue (1987-1992), le projet pour le concours de l’Opéra de Cardiff (1994) et l’Educatorium d’Utrecht (1994-1997), dans lesquels le sol se boucle pour devenir toiture. Il dessine quelques maisons singulières, véritables icônes de l’architecture contemporaine. Notamment la villa Dall’Ava à Saint-Cloud (1983-1991), magnifique télescopage et détournement de thèmes modernistes et près de Bordeaux, une maison paradoxale et légèrement cruelle (1994-1998), structurée autour de la plate-forme élévatrice du fauteuil mobile de son propriétaire tétraplégique.

 

Paru en 1995, imprimé à 130 000 exemplaires en trois ans, son livre S,M,L,XL est un phénomène, par son poids (2 kg 720), sa nouveauté graphique et le message doctrinal qu’il contient. Koolhaas y expose notamment la théorie d’une ville « générique », sans qualité ni identité particulière, amnésique, appelée à se répandre inexorablement.

Koolhaas anime à l’université Harvard des séminaires de recherche consacrés aux mutations urbaines dans le monde contemporain. Sa volonté de comprendre ces phénomènes est souvent perçue comme une preuve de cynisme et comme une fascination pour le chaos, contribuant à façonner à ce théoricien marquant une réputation sulfureuse.

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3 novembre 2009 2 03 /11 /novembre /2009 14:31


Charles-Edouard Jeanneret dit Le Corbusier, le nom de l'art qui a été donné en souvenir de son oncle maternel (Lecorbésier), est né à La Chaux-de-Fonds, Suisse, Octobre 6, 1887. Son père, Georges Edouard Jeanneret, était un horloger, sa mère, Marie Charlotte Amélie Jeanneret-Perret est un musicien.


LA FORMATION 1900 - 1910

En 1900, il a commencé à étudier à l'école d'art à La Chaux-de-Fonds, où il enseigne Charles L'Esplattenier, un personnage clé dans la formation du jeune Charles-Edouard, qui les dirige vers l'architecture
En Juin 1907, Le Corbusier a entrepris son premier voyage à la découverte de l'architecture, après Milan, Florence, Sienne, Bologne, Padoue, Venise, se rend à Vienne où il y restera pendant environ 4 mois.
Entre 1908 et 1909 répond Josef Hoffmann, Gustav Klimt, Tony Garnier, Auguste et Gustave Perret Perret et travaillera pendant un certain temps en tant que rapporteur pour avis à la mi-temps. En 1909, il revint à La Chaux-de-Fonds à construire des villas et Stotzer Jacquemet.
En 1910 à Berlin et a travaillé pendant cinq mois dans le studio de Peter Beherens où il a rencontré Walter Gropius et Mies van der Rohe. Le Corbusier a commencé à imaginer une architecture et une rigueur formelle dans l'étude de la Beherens se porte relativement étroite.

L'INITIATION 1911 - 1922

Entre 1911 et 1922, Le Corbusier a entrepris diverses activités. En Mai 1911, en partie pour «Le Voyage d'Orient" et de visiter Prague, Vienne, Budapest, Belgrade, Bucarest, Istanbul, Athènes, etc. habilement et avec précision les "images" dans des carnets.
Construit des villas à La Chaux-de-Fonds et participe activement à des événements culturels qui se produisait régulièrement dans ces années. Rencontre avec les artistes Braque, Gris, Picasso, Lipchitz, Ozenfant, et avec ce fonds en 1919 "L'Esprit Nouveau» (organe de diffusion de la peinture actuelle du purisme).
En 1922, il a commencé à travailler avec son cousin Pierre Jeanneret, tient sa première conférence à la Sorbonne et Yvonne Gallis sait qu'il a épousée en 1930.

De "Vers une architecture" à la CIAM 1922 - 1930

En 1922, il a conçu une ville de trois millions d'habitants. En 1923, publique "Vers une architecture», qui énonce les fondements d'une théorie de l'ambition architecturale majeure, et le deuxième renouvellement de l'architecture Le Corbusier aidera à améliorer la société. Dans le livre sont également repris trois de ses cinq principes - 1. Je pilotis (Les pilotis) 2. Le plan libre (Le Libre plan) 3. Le jardin sur le toit (Le toit-jardin) 4. La façade libre (la façade libre) 5. Window-bande (La fenêtre en bandeau, La Fenêtre en longeur).
En 1924, avec son cousin Jeanneret est installé au 35 rue de Sèvres. En 1925, il a conçu le «Plan Voisin pour Paris. La même année, construite, également à Paris, le Pavillon de l'Esprit Nouveau (reconstruit à Bologne en 1977).
En 1928, à l'initiative de Le Corbusier est organisée à La Sarraz le premier Congrès international d'architecture moderne (CIAM). Participer à des architectes les plus importants de la période (Meyer, Aalto, Rietveld, Berlage, etc) dans le but d'étudier et de propager les fondements de l'architecture moderne.

De la "VILLE RADIEUSE" au "MODULOR" 1930 - 1948
   
En 1935, il publie «La Ville Radieuse" projet pour la ville de l'avenir: «La ville de demain où il sera rétabli la relation entre l'homme et la nature." La ville de demain sera organisée, selon Le Corbusier, dans des domaines distincts dans lesquels les gens vivent dans des tours en pleine verdure et travaillant dans des zones séparées les unes des autres. Ce concept est tout à fait l'antithèse de la ville qui se développe à l'horizontale imaginée par Wright.
En 1941, il publie la "Charte de traité urbain d'Athènes" où il est énoncé le concept de zonage qui va influencer la planification de la moitié de l'Europe. Au cours de la Seconde Guerre mondiale a développé le "Modulor" qui publiera en 1948.

De Chandigarh au Cap Martin 1951 - 1965

En 1950, il a été nommé Conseiller auprès du Gouvernement du Pendjab en 1951 et a fait son voyage inaugural à destination de l'Inde. Entre spectacles, expositions, conférences, Doctorat Honoris Causa, médailles, etc. réaffirme et renforce sa réputation internationale.
Août 27, 1965 Le Corbusier est mort à l'âge de 78 ans au Cap Martin sur la Riviera française, pendant sa nage quotidienne.
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