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17 juin 2012 7 17 /06 /juin /2012 17:40
Paris, ville Campus
002_Campus_Paris.jpeg

A note : en exception à cette carte et pour montrer l'inadéquation de l'échelle municipale avec l'échelle métropolitaine voir cet autre article :  INSTITUTION / Sur l'avenir de l'université française et parisienne

 

Le 10 avril 2012, Djamel Klouche, architecte et urbaniste directeur de l’AUC, Jean-Pierre Charbonneau, urbaniste et consultant, et Jean-Louis Fréchin, directeur de NoDesign, entourés de consultants spécialisés, remettent leurs propositions à la Ville de Paris sur la visibilité du campus universitaire de Paris. La Ville de Paris souhaite faire largement connaître ces propositions pour les mettre en débat, associant les acteurs de l’enseignement supérieur et l’ensemble des Parisiens, dans une perspective métropolitaine.

 

A l’initiative de Jean-Louis Missika, adjoint au maire de Paris chargé de l'innovation, de la recherche et des universités, la mairie de Paris a engagé début 2011 une réflexion visant à réaffirmer Paris en tant que ville-université. «Malgré 320 000 étudiants et 16 000 enseignants-chercheurs, les universités de Paris manquent de visibilité et de lisibilité», confie-t-il. «Paris est pourtant autant influencée par ses universités que ces dernières le sont par le cadre urbain, explique Anne Hidalgo, première adjointe en charge de l’urbanisme et de l’architecture. Nous prenons acte de ce lien fort dans les évolutions à venir.» Pour cela une équipe pluridisciplinaire autour de l’architecte-urbaniste Djamel Klouche (l’AUC), associant l’urbaniste Jean-Pierre Charbonneau, le designer Jean-Louis Fréchin, l’économiste Fréderic Gilli ou encore le géographe Michel Lussault, a réfléchi depuis juin 2011 aux aménagements possibles, en lien avec les acteurs de l’enseignement supérieur. «Sur le modèle de New-York University, où l’université en centre-ville est signalée par des fanions le long des bâtiments, notre objectif est d’améliorer la visibilité des universités parisiennes, en un juste équilibre entre leur identité propre et la création d’un tout cohérent, et d’offrir un cadre adapté aux étudiants et aux chercheurs», résume Djamel Klouche. La réflexion s’est faite en parallèle de plusieurs études menées par la Ville de Paris, dont l’une sur les «temps étudiants».

 

Des propositions ouvertes au débat  

Les propositions concernent sept thèmes: la visibilité, avec la proposition de créer un label commun aux universités («UP» pour Universités de Paris) à utiliser dans l’espace public, les transports, ou sur les documents administratifs, un «bureau des temps» pour aménager les horaires des équipements, notamment dans deux zones expérimentales (l’une autour de la BPI et du CNAM, l’autre porte de Clignancourt), la création d’espaces et de services numériques, l’aménagement d’espaces publics, la création d’«attracteurs universitaires hybrides», lieux emblématiques de la vie universitaire dont la fonctionnalité et la fluidité est à améliorer, une réflexion autour des deux axes structurants que sont le RER B et la Seine, et un évènementiel étudiant à définir autour du message «Paris aime être étudiante». Parmi les huit groupes de travail formés pour affiner ces propositions, quatre portent sur des sujets transversaux (signalétique, services numériques, bureau des temps, évènementiel étudiant) et quatre sur des sites: Le Couvent des Cordeliers, la montagne Sainte-Geneviève, l’école de Médecine et Port-Royal. Chaque citoyen – étudiant ou non  – peut réagir aux propositions depuis le site de la Ville de Paris, et ce, jusqu’à l’automne. Prochain rendez-vous pour connaître le détail des aménagements: printemps 2013.

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20 février 2012 1 20 /02 /février /2012 20:40

Saint-Pétersbourg et Odessa.


Jeunes hommes et nouveaux emplacmeents humains.

1. Saint-Pétersbourg

 

Saint-Petersbourg_Carte.pngcliquez dessus

 

Saint_Petersbourg_Musee_de_l_ermitage.jpg

 

Dostoievski désigne Saint-Petersbourg comme une ville métaphysique dans son Georges Sand, parce que rationnelle dans son plan et née d'une volonté démesurée. Saint-Pétersbourg remplace Moscou par la volonté de Pierre 1er le Grand pour ouvrir la Russie sur l'Europe et affirmer ses nouvelles conquêtes et son ouverture sur la mer Baltique après les défaites suédoises dont les armées étaient invaincues jusqu'alors. Le 16 mai 1703, sur ordre du tsar Pierre1er le Grand (30 ans), des soldats russes posent la première pierre de la forteresse Pierre-et-Paul, sur l'île Zaïatchi (l'île aux Lièvres). Celle-ci se situe dans le delta de la Néva, au fond du golfe de Courlande, sur la mer Baltique, une région marécageuse, froide et terriblement inhospitalière ! Le tsar entame ainsi la construction de sa nouvelle capitale, Sankt-Petersburg. Ce nom signifie «ville de Saint-Pierre» en allemand, cette langue étant alors en faveur à la cour de Russie. En 1712, enfin, Saint-Pétersbourg devient officiellement la capitale de l'empire. En 1914, lorsque le pays entrera en guerre contre l'Allemagne, la ville "russifiera" son nom en Petrograd. En 1924, quelques jours après la mort de Lénine, elle prendra le nom de Leningrad.

 

Saint_Petersbourg_1.jpg

 

Saint_Petersbourg_2.jpg

 

L'architecte Domenico Trezzini (33 ans), originaire du Tessin suisse, dessine un plan d'ensemble de la ville et prévoit des modèles d'habitations adaptés aux différentes classes sociales: haute, moyenne et basse. Il entreprend dès juin 1704 la construction de la cathédrale Saint-Pierre et Saint-Paul. Deux ans plus tard, il achève la forteresse Pierre-et-Paul. Suivent également le Jardin d'été du tsar, la citadelle de Kronstadt et le chantier naval de l'Amirauté. Les nobles quant à eux, bien qu'obligé d'y construire un palais en Pierre continuent de vivre Moscou.

 

Saint_Petersbourg_3.jpg

 

 

 

Durant la Seconde Guerre modiale, Hitler, plutôt que d'esuter de lourdes pertes préfèrera faire le siège de Lénigrad de 1941 jusqu’au 18 janvier 1944, la ville de trois millions d’habitants sera totalement coupée de l’extérieur, à l’exception d’une voie d’eau via le lac Ladoga. Survivant dans des conditions extrêmement difficiles, la ville verra mourir plus d’un tiers de sa population.

 

On termine avec Notre-Dame e Kazan qui servit de refuge à Catherine II

 

Saint_Petersbourg_Notre-Dame_de_Kazan.jpg



2. Odessa.

 

Odessa_panorama.jpg

cliquez sur l'image pour l'agrandir.

 

Odessa fut décidée sur les bords de la mer Noire par Catherine II de Russie en 1794 et fut bâtie à partir de 1804 par le premier gouverneur, Armand du Plessis, duc de Richelieu, qui avait fuit la révolution française. Son nom est une féminisation du nom d'Ulysse, Odyseus. Catherine II est en fait Sophie d'Anhalt-Zerbst, princesse allemande, elle sera couronnée impératrice à Saint-Pétersbourg à 43 ans (1762), fera assassiner son mari le Tsar Pierre III une semaine plus tard avec l'aide du frère de son amant et créera donc Odessa à 75 ans, deux ans avant de mourir. Elle ne verra donc pas sa réalisation.

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17 février 2012 5 17 /02 /février /2012 19:50

Un préjugé veut qu'il n'y ait pas de nouveaux emplacement humains sur Terre ceux-ci se constituant à proximité des litoraux. Cela a une certaine prégnance puisque 80% 1 de la population omndiale vit en bord de mer. Mais les villes qui ont le plus marqué l'Histoire ne sont pas en bord de mer (Paris, Londres, Berlin, Rome, Moscou, Petra, Bagdad, Madrid, Mexico, Bombay Delhi). Il y eut une période où les nouvelles capitales s'implantaient en bord de mer comme Lisbonne (remplaçant Coimbra), Saint-Petersbourg 2 suivie de sa soeur du Sud Odessa. La tendance s'est inverser par la suite si on pense à Brasilia, Yamoussoukro ou la nouvelle capitale sud-coréenne. En effet, le gouvernement sud-coréen édifie une seconde capitale, Sejong, à 120 km au sud de Séoul. La moitié des ministères y déménageront à partir de 2012 ; d'autres organismes publics seront disséminés dans le pays, en espérant y propager la richesse de la métropole. A propos de Séoul sur la vidéo en lien ici vous pourrez admirez la première version du KTX qui ressemble étrangement aux anciens TVG (!?!). Dans cet article nous allons voir Songdo, sorte de Shangaï ou Wall street coréen. il s'agit d'un "International Business District" c'est-à-dire CBD à l'américiane connecté à un aéroport.

http://www.new-songdocity.co.kr/

 

Cliquez sur view Songdo Interarctive Map pour vior la carte interactive

 


Songdo U-City : La ville du 3éme millénaire  

 

 

1. Chiffre de mémoire qu'il me faudrait vérifier

2 voir notre artilce à venir.

 

 

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14 février 2012 2 14 /02 /février /2012 20:10
Et si notre président décidait de construire une nouvelle capitale au cœur de la Beauce ? C'est à peu près ce qu'a promis et entrepris le président sud-coréen Roh Moo Huyn's élu en 2003. Ce projet fou de créer une ville de toutes pièces, qui regrouperait l'ensemble des administrations et bâtiments gouvernementaux dans une cité exemplaire conçue comme un modèle d'harmonie, d'urbanisme et de respect de l'environnement, divise les sud-coréens. Malgré des obstacles importants dont l'opposition d'une bonne partie de l'opinion et des expériences similaires aux résultats mitigés dans d'autres pays, le projet est sur les rails. D'ici 2030, la ville du futur sera sortie de terre au milieu des rizières. Découvrez Happy City !

On efface tout et on recommence ?

Lorsqu'en 2002, le futur président sud-coréen Roh Moo Huyn's annonçait dans son programme de campagne vouloir créer une nouvelle capitale à la place de Séoul, la plupart des observateurs et des électeurs mettaient cela sur le compte des innombrables promesses de campagnes qui ne seraient pas tenues. En effet, on voyait mal comment un projet d'une telle ampleur financière et politique et avec autant de répercussions sur l'organisation du pays pourrait être mis en place.
Pourtant, en décembre 2003, un vote discret de l'Assemblée nationale entérine le projet et le choix du site retenu est annoncé en 2004 : la province du Gongju, à une centaine de kilomètres au sud de l'actuelle capitale. Le projet prend corps et les inquiétudes augmentent.

L'idée est de faire sortir de terre, au cœur d'une région rurale, une ville moderne, à taille humaine, au développement régulé et harmonieux, à l'environnement agréable et préservé. Une ville au service des habitants qui la peupleront. A priori, tout le contraire de Séoul. Il est vrai que la capitale coréenne est au bord de l'asphyxie. En 40 ans, la population de Séoul et de son agglomération a été multipliée par quatre, et concentre 48% de l'ensemble des sud-coréens ! Cette croissance incontrôlée a fait de la ville une véritable pieuvre qui ne cesse de s'étendre ; l'une des mégapoles les plus denses, chères, polluées et embouteillées de monde. Le gouvernement lui-même classe sa capitale dernière des 20 plus grandes villes du monde concernant la qualité de vie. Le tableau n'est en effet pas idyllique, bien que ce dernier classement ne soit toutefois pas forcément objectif, lorsqu'on sait que l'opposant le plus farouche au projet de nouvelle capitale n'est autre que le maire de Séoul ! Celui-ci se défend en soulignant que des programmes de rénovation très importants sont en cours dans différents quartiers de la ville et qu'un tel projet déstabiliserait entièrement l'économie du pays.


Vue aérienne de Séoul © dance.unlv.edu

Les autres opposants au rêve du président Roh (qui représentent tout de même un Coréen sur deux d'après les sondages) pointent du doigt le coût prohibitif du projet : 40 milliards de dollars minimum. Sont également mis en cause sa pertinence même, les effets désastreux sur le marché de l'immobilier à Séoul, et l'absence de référendum pour une décision si importante. Le Président Roh y voit cependant la meilleure solution pour entraver l'extrême centralisation de son pays autour de Séoul, dont il espère une diminution de 10% de la population pour la rendre plus vivable.
Sa nouvelle capitale contribuerait au développement d'une autre région de son pays et à l'équilibre territorial de la nation. Plus subsidiairement, cela permettrait de déplacer les organes du pouvoir plus au sud, hors de portée des missiles nord coréens (même si les relations entre les deux voisins se sont légèrement détendues).

Le site choisi, bien que très rural, présente l'avantage de se trouver à proximité des grands axes de communications existants (autoroutes, lignes ferroviaires à grande vitesse). La population locale et des défenseurs de l'environnement ont bien tenté de faire barrage, mais les compensations offertes, l'assurance de relogement et de reclassement dans la future capitale, ainsi que les perspectives de plus value très importantes ont convaincu les plus récalcitrants. La construction se fera en plusieurs phases jusqu'à la pose de la dernière pierre qui est prévue pour 2030. La population s'y installera progressivement au fil des déménagements des administrations et des différents organismes. Concentrant tous les pouvoirs : exécutifs, législatifs et judiciaires, l'ensemble des ministères, instituts et agences gouvernementales doit s'y regrouper. Le palais présidentiel de Séoul serait même revendu (!) pour en construire un nouveau. Séoul ne garderait que le rôle de centre économique et financier, à l'image de New York ou Sydney.
À terme, la ville qui se définit comme Multifonctional Administrative City (MAC), et autoproclamée « Happy City », comprendra également des hôpitaux, des centres de recherche, des universités, des équipements culturels et de loisir… Une fois achevée, elle comptera 500 000 habitants dont une large part de fonctionnaires. Une consultation nationale a abouti à la baptiser « Sejong city », du nom du roi sous lequel la Corée a connu sa « renaissance ». La première pierre a été posée le 20 juillet 2007 conformément au planning prévisionnel et malgré les nombreux obstacles. Le Président Roh veut faire de Sejong le fait marquant de sa présidence, mais aussi et surtout un nouveau standard mondial, un modèle pour les générations futures.

La ville « où chacun aimerait vivre »

L'opportunité de créer de toutes pièces une ville d'un demi-million d'habitants regroupant l'élite de la nation ne se présente pas tous les jours. C'est pourquoi le président Roh veut faire de Sejong une cité exemplaire à tout point de vue. Les idées directrices qui sous-tendent la conception de Sejong sont l'autosuffisance, le respect de l'environnement, l'harmonie entre les hommes, le développement de la culture et de la technologie, qui doivent être accessibles à tous. Deux mots doivent pouvoir la résumer : symbiose et harmonie. Cette ville sera au service de sa population, elle offrira à chacun de ses habitants les conditions de sécurité, de services et de qualité de vie permettant leur développement personnel. Non sans prétention, elle entend favoriser les communications entre générations, religions et classes sociales ; fournir aux citoyens les meilleures prestations, notamment en matière d'éducation et de santé ; assurer la sécurité des biens et personnes…
Son développement entièrement contrôlé et déjà planifié se fera dans le respect de l'environnement et permettra d'offrir à chacun un espace de vie suffisant, des quartiers ouverts à l'architecture soignée, de nombreux espaces verts (naturels ou créés) et des loisirs variés. Couvrant une superficie de 73 km2, la ville de Sejong sera construite en forme de couronne le long de deux cercles concentriques entourant un immense cœur vert central d'ou rayonneront des travées vertes. Les deux cercles en constitueront les voies de communication et seront liés entre eux par de nombreux « barreaux ». Ils desserviront une vingtaine de « villages » de 20 000 à 30 000 habitants chacun. Ces villages seront eux-mêmes groupés en six quartiers spécialisés correspondant aux grandes fonctions selon le schéma suivant :



Les transports publics circulaires et continus doivent permettre de relier tout point de la ville en moins de 20 minutes, chaque bâtiment sera accessible à pied depuis la station la plus proche. Le but est de minimiser l'emploi des voitures personnelles. Même dans ce cas, la régulation du trafic en temps réel permettra d'absorber l'ensemble des voyageurs, et empêchera la formation de bouchons quelle que soit la situation. Chaque village comportera à la fois des zones résidentielles, d'éducation, de services, de loisirs et d'emploi. La culture aussi sera accessible, un musée dans chaque village en plus des musées centraux plus importants.
Au cœur de la ville, des espaces naturels préservés avec des collines boisées, des lacs, des cours d'eau, des forêts et un gigantesque parc aménagé avec jardins d'enfant, terrains de sport assureront une transition avec la ville en elle-même douce, sans barrière ni obstacle : une ville intégrée à son environnement. Au final, plus de la moitié de la superficie de la ville sera… non construite.

Différents concours internationaux ont été lancés pour le design des différents quartiers, le parc central, les bâtiments gouvernementaux, les ouvrages d'art. Les sites touristiques et/ou historiques qui préexistent sur le site seront préservés et mis en valeur, ou déplacés et rénovés quand il n'y aura pas d'autres solutions. Autosuffisante, la ville produira sa propre énergie d'abord de manière « classique » (centrales électriques) puis progressivement par une part de plus en plus importante d'énergie renouvelable. La collecte des déchets permettra un haut niveau de recyclage et l'utilisation de la ressource en eau sera raisonnée avec dépollution sur place.


Vue d'artiste d'un quartier de Sejong © D.R.

L'avantage, quand on construit une ville à partir de rien et que l'on connaît déjà la population cible et les fonctions à remplir, c'est que tout peut être planifié. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que les concepteurs de Sejong ont pensé à tout : Les moindres détails ont été réfléchis: de la hauteur maximale des bâtiments (quinze étages), à la densité maximale de population (300 habitants par hectare, ce qui est faible pour le pays), de la proportion de chaque catégorie d'habitation (villa, T2, T3…) au nombre d'étudiants maximal par classe, de la maternelle à l'université…
Entre autres réglementations, un code couleur pour les bâtiments sera imposé, ainsi qu'une charte détaillée pour limiter la pollution visuelle des publicités. Tous les bâtiments seront accessibles aux personnes handicapées. Le nombre de places d'hôpital, de crèches, de commerce est déjà anticipé. Le plan de mise en lumière des bâtiments la nuit est déjà conçu. Même l'emplacement du futur cimetière municipal a été décidé, et le rite funéraire sera le même pour tous afin d'appliquer le principe d'égalité, quelle que soit l'origine ou la religion de la personne décédée. Sur le papier et maintenant sur les plans, il faut admettre que cela fait rêver. On voit d'ailleurs mal comment l'offre sera suffisante pour satisfaire la demande. Même si des logements sociaux sont prévus, on peut se demander comment les autorités pourront éviter d'imposer des critères de sélection. Si tout se passe bien, Séoul sera en effet vite oubliée. Mais des expériences plus ou moins comparables dans d'autres pays et à d'autres époques ont connu des fortunes diverses qui laissent sceptiques.

D'autre pays ont déjà fait ce même rêve…

La question du choix d'une nouvelle capitale s'est déjà posée dans d'autres pays. Ainsi, les cas de Canberra en Australie ou d'Ottawa au Canada sont la conséquence de choix à la fois politiques, historiques et stratégiques. Deux exemples plus récents et plus proches de la situation de Sejong sont ceux de la nouvelle capitale du Kazakhstan, Astana, et de celle du Brésil, Brasilia. Déjà entamé (pour le premier) ou achevé (pour le second), ces projets permettent de dresser un premier bilan dont la future MAC ferait bien de tirer certaines leçons…

Une capitale en pleine zone désertique, entièrement planifiée, qui concentrerait l'ensemble des organes du pouvoir dans une cité aux espaces ouverts et au design novateur, ça ne vous rappelle rien ? En effet, le président Roh n'a pas la primeur de l'idée d'une capitale idéale. En 1960 était inaugurée Brasilia, nouvelle capitale du Brésil, dont les similitudes avec Sejong sont troublantes. L'objectif du président brésilien était de développer économiquement une zone centrale du pays et permettre ainsi de rééquilibrer le territoire vis-à-vis notamment des deux mégapoles côtières que sont Rio et Sao Paulo. Cette ville utopique, non sans arrière-pensée socialiste, devait réunir tous les bâtiments officiels dans une agglomération de 500 000 habitants maximum, délimitée par une ceinture verte et un lac artificiel. Elle est organisée le long de deux axes croisés en forme d'avion (fuselage et ailes) qui en constituent les artères principales. À l'extrémité de la gigantesque avenue centrale comportant douze voies (!) se situe l'esplanade des ministères et les trois pouvoirs.


Brasilia, dans l'encart : le « Plano Piloto », on reconnaît distinctement la forme d'avion qui semble plonger sans le lac artificiel. En-dessous, l'esplanade des ministères, au centre le dôme est un musée, derrière la cathédrale en entonnoir. © www.eco.tur.br

Seize villes équivalant à autant de quartiers qui se veulent autonomes (logements, commerce, écoles, loisirs, bureaux,…) se juxtaposent le long des ailes du « Plano Piloto » comme il est surnommé. Construite en mille jours, Brasilia se voulait le symbole du progrès via une architecture novatrice, parfois surprenante. Sa conception devait favoriser la mixité sociale, le développement économique et culturel tout en respectant l'environnement. Les services y constituent 90% de l'activité et les industries y sont proscrites. Elle connaît la consécration en 1987 lors de son inscription au patrimoine mondial de l'UNESCO.

Si, sur de nombreux aspects, cet exemple est une réussite, des dégâts « collatéraux » sont apparus et depuis une vingtaine d'années, les difficultés sont croissantes. Représentant le « rêve brésilien », la ville a vu affluer de nombreux ruraux, d'abord venus travailler sur ce gigantesque chantier, puis qui ont voulu s'y installer durablement tandis que les administrations déménageaient. Inconvénient de la planification, la ville a une faible capacité d'adaptation, que les prescriptions imposées par le classement UNESCO ont encore accentuée. Le « Plano Piloto » n'offrant que peu d'espace disponible, une nouvelle banlieue s'est créée au-delà de la ceinture verte (qui a tout de même été grignotée). Cette banlieue n'étant pas planifiée, elle, connaît un développement anarchique et abrite les populations les moins aisées qui ne peuvent s'offrir un logement à Brasilia même. Les inégalités se sont amplifiées, la pollution aussi, ce sont quasiment deux classes qui sont séparées par le lac et la ceinture verte. Aujourd'hui, l'agglomération de Brasilia comprend trois millions d'habitants, dont 80% vivent dans les villes satellites.

En plus de ces problèmes internes, la capitale du Brésil souffre d'un déficit d'image et de reconnaissance important. Sans patrimoine, sans histoire et pourvue d'une situation géographique peu avantageuse, les touristes lui préfèrent ses rivales côtières. Plus récemment, en 1997, c'est dans un pays inattendu, le Kazakhstan, qu'une nouvelle capitale est sortie de terre. Astana se situe 1200 km (!) au nord de l'ancienne capitale Almaty, et vient à peine de fêter ses dix ans. La ville est encore en chantier pour au moins deux décennies, mais les plans sont définis et les principales infrastructures déjà opérantes. 600 000 habitants y sont déjà installés, le double est prévu à terme. Les plus grands architectes sont en compétition pour participer à ce projet gigantesque financé grâce à la florissante industrie pétrolière nationale.


Astana, la tour Baiterek, symbole de la capitale, devant le palais présidentiel au dôme bleu © www.baltitravel.com

Officiellement, ce déménagement a été décidé car l'extension d'Almaty était bloquée par les montagnes, ainsi que pour favoriser le développement économique de cette région du nord. Officieusement, ce choix permet d'asseoir le pouvoir institutionnel et politique dans une zone à forte population d'origine russe, et d'éloigner le pouvoir du voisin chinois. Ici aussi, une ceinture verte est en train de croître (notamment pour atténuer les variations de température dont l'amplitude varie de -40°C à +40°C !), des quartiers autonomes se multiplient et des monuments symboliques marquent le paysage. Mais là encore les prix flambent, l'argent est dépensé sans vraiment compter et un afflux important de population rurale accentue les inégalités.

Malgré les obstacles, Happy City garde le sourire.

Ces risques de dérive n'échappent pas aux dirigeants sud-coréens, d'autant que les critiques de la part d'une partie de la population et de la classe politique se font de plus en plus pressantes. Le projet a cependant été adopté par le congrès, le budget voté, les investisseurs engagés et les travaux ont débuté mi 2007, malgré un revers important fin 2006. En effet, les nombreux opposants menés par le Maire de Séoul ont décidé de porter réclamation auprès de l'équivalent de la Cour Suprême car ils jugent le changement de capitale non conforme. Fin 2006, le jugement est rendu, le projet est effectivement déclaré anticonstitutionnel. Pas de quoi déstabiliser le président Roh qui doit cependant revoir sa copie. Le projet MAC est maintenu, Sejong sera bien la ville du futur au concept inchangé, mais n'aura pas le titre de capitale qui restera à Séoul. Le palais présidentiel ne sera pas déplacé mais une bonne moitié des ministères, la majorité des instituts nationaux et des grandes écoles s'installeront tout de même à Sejong. C'est ce qu'on appelle savoir retomber sur ses pieds.

Un autre événement a failli enterrer le projet début 2008 : le parti du président Roh perd les élections présidentielles au profit du parti conservateur. Le nouveau président est Lee Myung-Bak, ancien homme d'affaire qui fut président de Hyundaï avant d'être élu…maire de Séoul. On pensait donc le projet largement compromis, mais les décisions politiques ayant été prises, les investissements déjà entrepris, le projet devrait suivre son cours. Des corrections pourraient simplement être apportées dans les prochains mois. Peut-être que le nouveau président Lee Myun Bak s'est finalement laissé prendre au piège, charmé par ce projet fou, cette utopie sociale et environnementale au design séduisant. Cette société idéale n'est pas le rêve d'un seul homme. Même si la déception pourrait être grande, contribuer à la naissance de la capitale du futur, de « la ville où tout le monde aimerait vivre » est une opportunité que peu de dirigeants laisseraient échapper…

Davantage d'informations sur www.happycity.go.kr
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11 février 2012 6 11 /02 /février /2012 18:57

La Cité Industrielle









Tony Garnier élabore les plans d’une cité idéale, appelée « Une Cité Industrielle », pendant son séjour à la Villa Médicis (1899-1904). Publiée en 1917, elle constitue une référence majeure dans l’histoire de l’architecture et de l’urbanisme du XXe siècle.

Tony Garnier sera réprimandé à maintes reprises par l’Académie pour ne pas se consacrer entièrement à son sujet de recherche « Tusculum » : reconstitution d’une cité romaine. Il se consacre à des idées avant-gardistes en travaillant sur le projet de sa ville moderne, conçue pour environ 35.000 habitants.

Comparée à une cité du travail, la « Cité Industrielle » de Tony Garnier reflète les idées fouriéristes.

Tony Garnier l’établit sur un site que l’on pourrait localiser dans la région de  Saint-Etienne (près de Saint-Chamont / Rive-de-Gier), fortement industrialisée en ce début de siècle.

Allant à l’encontre des conceptions urbaines de son époque, l’architecte développe le concept du zonage en séparant dans sa ville les grandes fonctions : travail, habitat, santé, loisirs.

La ville est installée sur un promontoire rocheux. La zone industrielle est nettement détachée de l’ensemble. Elle est située en contrebas, au confluent d’un fleuve.

Quatre grands principes se dégagent : fonctionnalisme, espace, verdure, ensoleillement.



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12 septembre 2011 1 12 /09 /septembre /2011 11:30

En gelant la circulation, la mairie a instauré un «couvre-vie» sur la ville.

La destruction de Paris Par Michel DEGUY

QUOTIDIEN : mercredi 24 janvier 2007

Michel Deguy écrivain, universitaire, directeur de la revue Po&Sie.

 

Paris n'est plus une très grande ville. C'est une agréable cité, qui ressemble à un gros bourg paisible. Souvent le soir, traversant le boulevard Saint-Michel ou le Saint-Germain, à l'heure où Londres, New York grondent, j'aperçois un bus ou deux, vides aux trois quarts, trouant la nuit; quelques piétons se hâtent chez eux, comme dit le romancier. Les rez-de-chaussée commerciaux ont mis la veilleuse. Les surgelés Picard grelottent. Les SDF déplient leur couchage de carton.


J'accuse la mairie de Paris d' «entrave à la circulation», délit punissable.


Ils ont voulu la province ­ le tramway obsolète, la plage ou la pétanque, la piétonisation villageoise, les maraudes ou les parcages des gros autocars touristiques, les quartiers chichi, les foires à brocante et à charcuterie.


Le commerce a horreur du vide? Qu'on lui donne (?) les grandes places et les larges trottoirs; couverts à chaque fête (c'est tout le temps) de baraques de bois accolées où les crêpes, boudins et autres pots d'étain, attisent la convoitise de l' occasion. La fripe a rasé la librairie au Quartier-ex-latin; la plus-belle-avenue-du-monde (sic) est affermée par la boutique.


Faute d'agrandir Paris en annexant la banlieue, on a transformé Paris en banlieue. Huit millions d'urbains sont traités de, et en, banlieusards; et les intra-muros, ces malheureux deux millions immuables bouclés à jamais dans leur ceinture et leur périphérique, obéissant à une poignée de dogmatiques omnipotents, subissent, paralysés, une transformation dévastatrice de leur Ville. On a détruit les grandes et belles avenues, jadis à la fois encombrées et rapides, les voici découpées en couloirs incompréhensibles, obstruées de trottoirs médians au profit de sinistres allées centrales avec leurs arrêts de bus en guérites-miradors au milieu de la chaussée. Partout les panneaux contradictoires, les Decaux exhibitionnistes, les interdictions peintes sur le bitume. La ville fléchée à mort se traîne.


Montparnasse, Port-Royal, Gobelins, Saint-Marcel, Rivoli, Magenta, Sébastopol, Jean-Jaurès, l'axe Pigalle-Père-Lachaise, des kilomètres d'autres voies étranglées. Tout doit s'enfiler dans une interminable queue leu leu monomaniaque d'un exode harassé. A contresens, ils ont réussi cette prouesse d'installer à la fois la thrombose latérale et le vide central, le bouchon et le désert! Les deux mauvais opposés se gênent, conjuguant le pire, au lieu que les deux beaux contraires associés s'ajointent, la «spaciosité» avec l'animation. Dans la rue du Bac, un de nos rares axes Nord-Sud, et qui va se rétrécissant du Saint-Germain à la Seine, il n'y avait que deux files, et déjà saturées; on vient d'en supprimer une, en «autorisant le stationnement à seule» fin d'enrayer plus encore le débit!

A-t-on augmenté le nombre des taxis et des bus? Nullement. A Londres, ils se touchent; à New York on ne voit qu'eux. Ici on les cherche. Il n'y a que le métro qui fonctionne bien, où l'on s'entasse. Tout ça pourquoi? Pour les vélos, les rollers, le jogging. Ils remodèlent Paris pour le dimanche des cyclistes et des familles. Pour cent vélos et quelques patins, ils vont fermer les voies sur berge et rêvent de «piétonniser» la Concorde. Le piéton roi a la priorité absolue, ce monstre légal, cette faute de jugement.


Est-ce au nom d'un principe de réalité? Au contraire. Ni de plaisir. Parce que le Parisien n'est pas, et ne veut pas se faire, cycliste. Le Parisien n'est ni hollandais ni chinois. C'est dommage mais c'est comme ça. Premièrement il a «peur»; il croit que l'automobiliste veut sa mort. Deuxièmement, on l'a persuadé que l'air était irrespirable; ce qui est entièrement faux. (Attention: c'est un cycliste qui vous parle.) On ne s'étouffe que dans le métro.


La Ville lumière est passée au couvre-feu, couvre-vie. Or ce qui compte, c'est l'animation. La vitalité d'une grande ville se mesure aux déplacements qu'on y doit et peut faire. Une ville mondiale n'est pas faite pour la promenade, le lèche-vitrines, les touristes. Attrape-soldes ou vacanciers, ils sont surnuméraires, parasitaires... Très importants, certes, mais secondaires. Le tourisme n'est pas le but, mais la bonne conséquence. Il ne faut pas prendre la marge pour le centre; erreur la plus répandue aujourd'hui. Paris n'est pas une plage, ni une station de ski; Paris-pétanque, Paris-pêche, Paris-pique-nique, ce n'est pas le programme. L'activité primaire, comparable (banalement) à celle d'un organisme, un scanner imaginaire en montrerait les vecteurs et les synapses d'échanges fourmillants, proliférants, inlassables. L'activité requiert la circulation. Il faut donc remettre en jeu «contradictoirement» les deux conditions de celle-ci: la «spaciosité» et la sanction contre les «stationneurs» abusifs. Démolir tout ce qui réduit la largeur des voies et des vues, et punir durement les «obstructeurs». Rendre à la circulation, au bon stationnement, et aux bons «embarras de Paris» un maximum de surface, ce qui implique de démolir les obstacles, les privilèges d'acier, recoins, vestibules en pavé, ronds-points accapareurs, barrières plantées, trottoirs géants; et conjointement traquer le parking sauvage et redompter le piéton-qui-a-tous-les-droits. Ne pas configurer la rue «pour» l'exception (l'invalide du coin, le corps diplomatique infatué), mais pour l'aisance générale. Faire monter le contentement et non la «râlerie», faciliter la danse des citoyens enlaçant leur ville.


On a tout investi dans la voirie pour la saccager, rien dans le logement. Des millions d'euros furent coulés dans le bétonnage d'obstacles, l'«insularisation» des «quartiers», le «labyrinthage» des circuits; mais les hôtels insalubres brûlent, les églises ou les gymnases sont occupés, les loyers montent. Il faut «construire» ­ mais du logement social, de l'habitation modérée, des cités universitaires. Il faut ouvrir la ville à ses confins, et réinventer de beaux monuments. Ou renoncer à la gloire et à la modernité. Ce qui précisément arrive: le Comité olympique ne s'y est pas trompé.


Tant qu'il y aura de l'auto-mobile, de tout format, c'est-à-dire vraisemblablement encore pendant tout le siècle, il est capital (c'est le cas de le dire) que les flux de circulation aient leur fluidité. Si vous ne voulez pas que les moteurs à explosion polluent, ce n'est pas le «transport» et ses véhicules qu'il faut entraver, ce sont les machines «à essence» qu'il faut remplacer. Inventez! Et comme il y eut des milliers d'attelages dans une belle odeur de crottin ( «sentez-vous» les vieilles cartes postales haussmanniennes?), il pourrait y avoir des dizaines de milliers de «voitures» d'un troisième type. Ce n'est pas le voiturage qui doit disparaitre pour une cité inanimée, interdite comme dans le tableau fameux, c'est le gaz d'échappement! Une métropole doit demeurer un tourbillon attractif; le mouvement l'emporter ­ en avant.

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8 août 2011 1 08 /08 /août /2011 14:35

Par Eric Hazan

 

Quelle étrange idée que de faire des plans pour le Grand Paris ! Le Grand Paris existe déjà, il est là sous nos yeux. Sa population s’élève à environ dix millions d’habitants, deux dedans et huit dehors. Ceux qui vivent dedans sont blancs pour la plupart, sauf dans les trois derniers arrondissements à deux chiffres, ceux du nord-est où l’on trouve à la fois des Blancs, des Arabes, des Noirs et des Chinois. Mis à part ces quartiers-là, la population qui vit au dedans a les moyens de le faire, c’est-à-dire de payer des loyers à quatre chiffres. Les boutiques y sont chères et de bon goût, les restaurants pleins et les touristes enchantés. La police est discrète et courtoise, la justice compréhensive, et l’on trouve là tout ce que le pays compte de mieux en matière de journalistes, d’artistes et de sociologues quand ils ne sont pas sur le terrain.
Ce terrain est souvent constitué par ceux du dehors. Ils sont séparés du dedans par une barrière dont les points de repère sont des portes. On reconnaît facilement ces portes car il en part des autobus qui ont deux chiffres vers le dedans et trois vers le dehors. Ceux-ci sont d’ailleurs de modèle plus ancien et ils ne roulent pas la nuit. Les gens du dehors travaillent souvent dedans, comme caissières, vigiles, ou préposés à des tâches comme le nettoiement,
les chantiers et les livraisons. Pour passer de leur logement dehors – dans des quartiers qu’on appelle souvent « sensibles » sans qu’il soit jamais précisé en quoi consiste cette sensibilité – à leur travail dedans, ils transitent volontiers par la station Châtelet du RER, dont le centre est si animé qu’on lui a donné le nom de flipper. Ceux qui n’ont pas de travail (et ils sont nombreux, surtout parmi les Arabes et les Noirs qui comptent pour beaucoup dans la population du dehors) ont l’avantage d’éviter le flipper. Ils peuvent, comme les autres du reste, profiter de la présence de la police qui patrouille en armes et en rangs dans les quartiers ayant fait preuve à l’occasion d’une excessive sensibilité.
Certains pensent que la séparation dedans-dehors constitue un apartheid. Quoi qu’il en soit, on voit mal comment les grands gestes des architectes et urbanistes officiels pourront casser la barrière physique et politique qui coupe le dedans du dehors et faire du Grand Paris une ville pour tous ses habitants.

Quelle autre étrange idée que de demander que l’on négocie – que l’on retourne à la « table des négociations » – pour trouver une solution à ce qu’on persiste à appeler le « conflit » israélo-palestinien. Pourtant déjà là, sous nos yeux, depuis quarante-trois ans, entre le Jourdain et la mer il existe un État unique, avec un gouvernement, une administration, une armée, et une population qui, comme celle du Grand Paris, se monte à une dizaine de millions d’êtres humains. Si les choses ne vont pas bien dans cet État unique, c’est que cette population est divisée en deux groupes dont l’un a tous les droits et l’autre n’en a aucun. Ceux qui ont tous les droits habitent surtout l’ouest du pays, dans ce qui était l’État d’Israël avant la guerre de 1967. Mais ils sont aussi de plus en plus nombreux dans l’est, comme colons ou comme soldats, au-delà du mur de séparation qu’ils ont édifié pour se protéger des entreprises de ceux qui n’ont aucun droit. Pour eux, les juifs israéliens, la vie est tranquille et l’on s’accorde à dire que Tel Aviv est l’une des villes du monde où les fêtes sont les plus brillantes, les artistes les plus créatifs et la presse la plus libre.
Parmi ceux qui n’ont aucun droit – les Palestiniens – il y a ceux à qui la notion même de droit est refusée, les habitants de la bande de Gaza, soit plus d’un million d’êtres humains dans un rectangle de 30 km sur 10, entouré de barbelés sur trois côtés avec la mer pour quatrième. La plupart des autres Palestiniens vivent à l’est du mur de séparation. Ils ne peuvent ni se déplacer librement, ni aller vivre ailleurs, ni se marier avec n’importe qui, ni acheter des terres. Ils ont sur le dos l’Autorité palestinienne, organisation de supplétifs soutenue par ceux qui ont tous les droits, qui a pour mission de prévenir et réprimer tout mouvement sérieux de mécontentement.

Certains considèrent que la séparation entre ces deux groupes humains constitue un apartheid, mais des juristes sud-africains en visite ont expliqué que le terme ne convenait pas, car jamais le pouvoir blanc d’Afrique du Sud n’avait envoyé des avions pour bombarder Soweto. En tous cas, on ne voit pas comment la ronde des envoyés spéciaux américains pourrait permettre de transformer cet État unique en État de tous ses citoyens, libres et égaux en droits.

À Paris comme en Palestine, ce qui prévaut, c’est un déni de réalité. Ceux qui sont aux bonnes places cherchent à maintenir le statu quo. Pour prouver le contraire – leur volonté que les choses changent – ils se servent d’architectes ici et de diplomates là-bas. Mais ils devraient se souvenir que la réalité déniée finit toujours par se venger et que, comme disait Talleyrand, « on peut tout faire avec des baïonnettes, sauf s’asseoir dessus ».

 

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2 juin 2011 4 02 /06 /juin /2011 17:41

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22 août 2010 7 22 /08 /août /2010 16:45

tant que l'on ne pense pas à construire entre deux planètes, ou jusqu'à lier une planète et son satellite (ce qui veut dire avoir plus de matériau ) disposition que ceux disponible sur la planète) tout est possible. Alors voici une petite lettre à mon ami Stiltifi sur la ville à venir.

Si pour Nouvel il n'y a plus de nouveaux emplacements humains ou villes nouvelles (sauf la nouvelle capitale de la Corée concours sur lequel il s'est jeté paradoxalement, sauf la nouvel capital de feu Turkmenbachi, concours remporté par Pei devant Derbesse puis Koolhaas). Je me permettais cette petite introduction pour poser la question des villes et de . Je ne pense pas qu'il soit question de la verticalité. C'est une manière de développer par des exemple ce que j'avais écrit en 2001 et qui porte sur des théories synthétiques et non plus analytiques (mon journalisme des stles que tu me "reproche" tant). J'ai pas les temps de te filer mes 3 mémoires écrits entre 2001 et 2004 qui portent là dessus, un sur la ville horizontale ou ligérienne, un sur la nappe haptique (sorte de grande serre urbaine), un dernier sur les complexes d'échanges urbains. Le point 2 et 3 qui suivent provienne de la toute fin de mon

1°) Les bâtiments emblématiques

Sorti de ma méditation gastronomique de quinze jours (je suis pas pour les méditations mais le confort m'y invite et surtout ce fieffé Badiou qui en deux phrases m'a contaminé de sa méditation mélancolique qui porte chez lui le nom de forçage de la Vérité, l'inverse de l'homme est créatif), voici l'énigmatique manifestation de la seconde voie du surhomme ou dépassement de ce qu'il y a de proprement humain (mais ce dépassement se fait en communauté, par méditation "yogique", insistance sur la conscience... tout à l'opposé sur surhomme nietzschéen mais si les deux ont à voir avec une vie divine ou proprement exquise). L'image donc
http://www.natetjean.com/indeii/bv000447.thumb.jpg
http://www.natetjean.com/indeii/bv000447.thumb.jpg.
On aurait pu imaginé (l'architecte français devrai-je dire) des faisceaux de fibre optique comme pour le pavillon britannique à Shanghai 2010.

Autre monument selon moi à mes yeux d'une grande importance non pour la forme mais pour ce qu'il déployer comme recherche et modification profonde de l'humanité (à côté l'observatoire de Gauss) :


2°) L'extension arcadienne de la ville cf. le cours de paysage que nous avions eu sur l'Alentejo portugais reprenant l'imaginaire d'Arcardie)
J'ajoute les volcans (Zadid à Dubaï, voir l'image du manifeste paramétriste que j'avais mis sur mon blog). Les différent spatiovore actuels (d'où ma référence au porsche muséum)

3°) L'expansion utopienne
J'ajoute les secteurs jaunes, à la constant avec l'exemple du centre des congrès-opéra de Lucerne de Nouvel. :
HOTEL and CONVENTION CENTRE in AGADIR by REM KOOLHAAS
Agadir, Morocco, 1990 (Competition)


http://www.moma.org/collection_images/resized/192/w500h420/CRI_62192.jpg

Avant que Nouvel et Koolhaas ne se rabattent tristement sur des parallélépipèdes :
- Nouvel au Danemark avec son parallélipipède bleu
- Koolhaas avec son Cordoba Project au budget entamé par la crise
Bref sur une architecture euclidienne ou infondée (comme le cinquième postulat dit des droites parallèles) et non sur une architecture riemannienne ou autre (on peut penser au tempes dravidiens ou jainistes en inde basé sur la prolifération de forces terrestres et recouverts de milliers de statuettes, certes c'est de l'ornement mais on en perd la forme, ca n'est ni strié, ni lisse mais rugueux).

Reste immanquablement cela : http://www.rheumatoidarthritisguy.com/2009/06/koolhaas-houselife/
C'est tout plein d'angle sauf si l'on comprend le lien avec la roque-saint-christophe. C'est bien toi qui y a vu des amonytes sans connaitre l'histoire du site de la maison à Bordeaux et les premiers croquis de Koolhaas. L'apsect angulaire recouvre ceci, mais sans doute j'élabore là une théorie rétro-active. Je le dis en forme d'exception car y régnait cette préoccupation de la légéreté que l'on trouve dans l'architecture arabe depuis la rencontre avec sainte-sophie (d'Istambul, pas la Sainte, j'entends).

4°) Pour contrebalancer cette vision centrée de la ville
Peut-être trouveras-tu que je par d'un centre aussi pour en revenir aux emplacements humain comme les nomment Nouvel (Rogers aussi dans sa manière d'aborder la ville). Il peut se produit une mise en réseau, une complexification par polymérisation entre autres (cf. L'interview de Constant par Koolhaas qui produira l'un des premiers textes sur l'architecture des Aéroports notamment comme porte de la ville écrit par Constant peu de temps après je ne sais plus si c'est un article ou un allocution mais il est dans le livre que tu m'as cité Hyperarchitecture of Desire)

Je pourrai aussi me dégager dans mon exposé sur la notion de pont (Cf Labrouste et son pont en revenant de la villa médicis). Le pont est ce qui fait accéder à un nouveau territoire et suuivant le gabarit du pont on fait accéder les faibles ou les forts en premier. les pont sont en plus étroitement liés au cataclysme et à la guerre (l'American Standard sorte de bowstring bridge durant la guerre de sécession et le Bayley qu'on trouve partout sur la Loire issu de la tête des ingénieurs de WestPoint qui est un non-sens dans son emploi actuel).

5°) Ce que tu critiques bien souvent
Ce que tu critiques bien souvent à juste titre c'est ma manière de poser des théories sur l'architecture. Mais précisméent pour dépasser la dépression moderne de Koolhaas qui arrive à présent maintenant que les stars se sont vendu après la critique de la critique (archétype théorique de Koolaas avec Zengelis qui consistait à démonter ensemble le discours sur la ville où qu'ils se trouvent ces deux bougres, c'était leur jeu stimulant à eux deux). Ce qui arrive dans l'agence de Koolhaas ce en sont pas des gens généreux mais des gens qui ont les dents longues et envie de réussir. Il n'est pas capable de produire autre chose que des parallélépipèdes.
Juste il faut que tu saches qu'à mon diplôme je me suis fait en partie taper dessus à cause de mon emploi proliférant de concepts. A part le terme d'attr-activité je n'avais pas fait de néologismes mais j'ai induit une posture réactive d'un des mes profs à laquelle je ne m'attendais pas ; cela m'a marqué puisque j'ai sabordé la présentation de ce fait, ce prof était un soixante-huitard en écharpe rose qui s'est posé en travers par rapport à la table de jury, alors que c'est un grand cool, . Si tu demandes à Patrick je ne suis pas sûr qu'il se souvienne de ça car ça lu passe au-dessus de la tête il aura je pense une mémoire graphique et enthousiaste de ce fait. Depuis ce temps j'ai détaché philosophie et architecture. Disons que j'ai une méfiance pour le conceptuel qui prolifère même si c'est ce que je recherche, d'où mon côté journaliste/analyste en retrait. Si je reviens à toi c'est précisément pour me simplifier ces problèmes ne pas me les poser, rebondir, féconder, blablabla... bref court-circuiter, produire de l'effervescence, un crueset d'idées qui n'en sont plus, plutôt qu'un lieu de décantation.
Je désavoue facilement ce qui en reste au conceptuel ou à l'intuitif parce que à faire de l'archi il n'y a peut-être pas à en parler, s'il y a tant de discours chez nous deux, c'est aussi parce qu'il y a des blocages qui à mon avis tiennent de la société (débat sur les murs, désinvestissements des architectes français pour les détails et donc main-mises des entreprises sur les plans d'exécution d'où en retour des normes de plus en plus contraignantes contrairment en Espagne et une maîtrise d'ouvrage faible par ailleurs contrairement en Suisse ou en Hollande). L'architecture organique de Wright en ce sens est une réussite puisqu'elle s'écarte du concept pour se fondre dans la "nature", pour créer des ambiances notamment celle célèbre de l'été indien. Alors il y a deux façons de pénétrer l'architecture celle qui consiste à partir de la ville pour décroître vers une architecture et celle qui consiste à partir de son salon comme Wright ou de ses propres expérimentation sur de petits ouvrage constructifs et léger comme Piano. Mais la commande publique en France me semble stérilisante (redite de ma part).

6°) Donc quand je parlais de la ville du cinquième élément comme possible réalisation de la ville à venir, c'était davantage pour ce qui la peuplait les taxis volants que la verticalité (que tous les adeptes de la congestion souhaitent faire passer à Paris pour des raisons financière en fait, faire un gratte-ciel fait vivre une grosse agence bourgeoise). Mais les taxis volants peuvent induire des effets sur la ville horizontale notamment la cinquième façade, c'est tout ce que je voulais dire. Ca ne me dérange pas de produire une nouvelle vague, bref d'être extravagant plus qu'exubérant (son opposé direct).

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16 février 2010 2 16 /02 /février /2010 20:41

Brasilia à ses débuts




Copacabana



Quelques expériences Urbaines


Vidéo 25' sur Sao Paolo





Vidéo 15' de Curibita, la ville piétonne où il fait bon vivre

En Novembre 2006, Le gourou brésilien de l'Urban Planning, Jaime Lerner, a résolu le problème du désengorgement d'une ville et de  son mieux-être. Sa solution mettre les gens avant les voitures. Il a énormément améliorer la quliaté de vie de ces habitants. Il a révotionné le transport de cette ville en détournant le trafic du centre de la ville, libérant ainsi de vaste espaces piétonniers, irrigué par des lignes de bus ultra-modernes, relaint ceux-ci à de vastes parking excentré. Il réalise par là les préconisation de Kahn pour la ville de Philadelphie dans les années 70, le soleil en moins. Comme l'explique Lerner : "If you want to make life better for people, make the cities better." Produced by SBS/Dateline, Distributed by Journeyman Pictures.
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